Allégations de corruption : Gilles Vaillancourt n'a pas été interrogé par la SQ

Le maire de Laval, Gilles Vaillancourt Le maire de Laval, Gilles Vaillancourt  Photo :  PC/Peter McCabe

Le maire de Laval, Gilles Vaillancourt, affirme ne jamais avoir été interrogé par la Sûreté du Québec (SQ) après les allégations de malversations lancées l'an dernier par l'ancien député bloquiste Serge Ménard et le député libéral Vincent Auclair.

En conférence de presse, jeudi, pour dévoiler son plan d'urbanisme, M. Vaillancourt a été interrogé par les journalistes au sujet d'une demande d'enquête policière formulée par le Parti québécois (PQ).

Le PQ souhaite qu'une enquête soit confiée à l'Unité permanente anticorruption pour faire la lumière sur les allégations d'irrégularités à Laval, notamment en ce qui a trait au rejet par Jean Charest d'un projet de loi pour ne pas déplaire au maire de Laval.

Rappelons que le maire de Laval a toujours nié les allégations de malversations faites à son endroit par Serge Ménard, qui affirme que M. Vaillancourt lui avait offert une enveloppe contenant 10 000 $ comptant, lors d'une campagne pour une élection partielle provinciale en 1993. Pour sa part, Vincent Auclair avance avoir refusé une enveloppe que lui avait offerte le maire de Laval lors d'une élection partielle tenue en 2002.

Réagissant aux allégations, le maire de Laval a mis en demeure les deux députés de se rétracter.

En entrevue jeudi au RDI, Gilles Vaillancourt n'a pas voulu indiquer s'il entendait laisser tomber ces mises en demeure, proposant du coup de poser la question à ses avocats.

Un règne marqué par plusieurs dossiers controversés

Homme d'affaires, Gilles Vaillancourt est élu conseiller municipal de Laval en 1973. Il deviendra maire de la ville en 1989.

En 21 ans, il a été réélu six fois, écrasant ses rares adversaires par de fortes majorités, et il n'a aucune opposition à l'Hôtel de Ville depuis trois mandats consécutifs.

Gilles Vaillancourt a fait de Laval une ville en pleine expansion et dont le poids politique se fait sentir bien au-delà de ses limites, notamment en convainquant Québec de prolonger le métro et de faire construire le pont de l'autoroute 25.

C'est toutefois lui qu'on a montré du doigt dans plusieurs dossiers controversés, dont les dépassements de coûts du métro de Laval, le rachat à fort prix du Cosmodome par la Ville et des transactions de terrains impliquant des lots appartenant au patrimoine familial des Vaillancourt.

À plusieurs reprises, des enquêtes journalistiques ont fait état de favoritisme voire de copinage entre le maire et de grandes firmes de Laval, notamment dans l'octroi de contrats municipaux.

À Laval, depuis 10 ans, huit entrepreneurs se seraient partagé 75 % desdits contrats. La Sûreté du Québec a effectué une enquête à ce sujet qui n'a mené à aucune accusation.

Bien que ses adversaires allèguent depuis des années qu'il y aurait un système à Laval dont profitent l'entreprise et le parti du maire, jamais Gilles Vaillancourt n'a été mis directement en cause dans aucune des affaires qu'on a tenté de lui imputer.

Avec un reportage de Bertrand Hall