Le troisième jour du procès du cardiologue Guy Turcotte, accusé du meurtre de ses deux jeunes enfants, a été marqué par le témoignage de l'ambulancier qui est intervenu après le drame, et l'appel de détresse logé au 911 par la mère de l'accusé.
Guy Turcotte
Marguerite Fournier a raconté avoir été si inquiète de ne pas être capable de joindre son fils au téléphone le matin du 21 février 2009, qu'elle s'est rendu chez lui à Piedmont. Elle a frappé et sonné à répétition, sans obtenir de réponse. Elle a alors composé le 911. « Il vient de se séparer, a-t-elle dit. Il me disait hier soir, "elle m'a démoli". Il était dans une grande désolation. C'est pour ça que ce matin on a décidé de se rendre à la maison. »
Elle a ensuite informé le répartiteur que son fils était avec ses deux enfants. « Ils sont avec lui dans la maison, mais on ne peut pas entrer. C'est barré. Ce n'est pas dans ses habitudes. Le store du salon est encore fermé. »
Marguerite Fournier, la mère de Guy Turcotte
Très vite les policiers et les ambulanciers se sont succédé dans la maison.
Bertrand Rochon, paramédical depuis 21 ans, a prodigué les premiers soins à Guy Turcotte, qui lui dit avoir pris des Tylenol. C'est seulement à l'hôpital qu'il a déclaré avoir ingurgité du lave-vitre.
Des aveux clairs, selon l'ambulancier
L'ambulancier affirme que Guy Turcotte lui a dit sans qu'il lui pose de questions : « Je sais ce que j'ai fait ».
Selon M. Rochon, l'accusé était en état de parler. Quand l'ambulancier lui a demandé son nom, M. Turcotte a répondu : « Isabelle Bolduc », en donnant une date de naissance. Dans l'ambulance, Guy Turcotte aurait demandé à M. Rochon de dire à sa femme qu'il l'aimait, ajoutant : « J'ai fait ça ce matin ».
Puis, à l'hôpital où les membres du personnel, estomaqués, ont reconnu leur collègue, Guy Turcotte aurait dit à un préposé aux bénéficiaires avoir tué son fils la veille vers 20 h. « Mon fils dormait dans son lit et je l'ai poignardé », aurait-il affirmé.
La défense a indiqué qu'elle allait contester les propos rapportés par l'ambulancier lors de son témoignage.
La veille, c'était à la mère de Guy Turcotte et des policiers de témoigner.
Les audiences se poursuivront de six à huit semaines. Une trentaine de témoins seront entendus.
D'après un reportage d'Isabelle Richer