Une femme se disant traumatisée poursuit un policier en justice

Images de l'incident prises par une caméra de surveillance.

Exclusif - Radio-Canada a appris qu'un policier de la Sûreté du Québec est poursuivi pour 300 000 $ pour avoir abattu un chien et avoir pointé son arme en direction de la propriétaire de l'animal.

La plaignante, Geneviève Gariépy, affirme avoir été traumatisée par les événements qui se sont produits à Saint-Hippolyte, au nord de Montréal, en février 2008.

Toute la scène a été captée par une caméra de surveillance. On voit la voiture du policier Guy Bélanger qui arrive à la résidence de Geneviève Gariépy, à la suite d'une plainte d'un voisin. Puis, les deux chiens de la plaignante se dirigent vers le véhicule. En moins de huit secondes, le policier tire sur un des chiens et l'atteint à la tête.

« J'ai vu mon chien passer à côté de moi avec le sang qui giclait. C'est là que j'ai réalisé que c'était une vraie balle qu'il avait tirée. » — Geneviève Gariépy

Quelques minutes plus tard, Guy Bélanger ordonne à la jeune femme de rentrer ses chiens dans la maison. C'est à ce moment que le policier pointe son arme sur la plaignante. Geneviève Gariépy raconte avoir craint pour sa vie.

Aucune suspension

L'agent Guy Bélanger est toujours en fonction et n'a jamais été suspendu.

Pour le psychologue Gilles Vachon, qui travaille souvent avec des policiers, la situation est incompréhensible. « Qu'il mette en joue la madame, ça sort franchement de l'ordinaire. Comment se sentait-il à ce moment-là? Était-il très stressé? Se demandait-il comment se sortir de ça? Il a dû se passer des millions de choses dans sa tête. Le malheur, c'est qu'il a encore une arme. »

Geneviève Gariépy, qui est instructrice de vol, n'est jamais retournée travailler depuis ces événements. Elle poursuit le policier et la municipalité de St-Hippolyte pour 300 000 $.

La Sûreté du Québec n'a pas voulu commenter l'affaire.

D'après un reportage de Christian Latreille

Précisions :
Madame Gariepy avait déposé une plainte en déontologie policière qui a été rejetée. Radio-Canada a obtenu, le 28 juillet 2011, copie du rapport confidentiel du commissaire en déontologie policière daté du 6 juillet 2010. Plusieurs incidents impliquant des chiens dangereux en liberté chez la plaignante justifiaient, selon l'enquête du commissaire, les gestes posés par le policier. Les plaintes et rapports d'évènements font état d'un problème récurrent depuis 18 mois. Le rapport conclut que le policier pointait son arme en direction du chien et non de Mme Gariepy lorsqu'elle est passée devant lui.

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