André Bélisle, président de l'Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique (archives)
L'Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique (AQLPA) réitère la nécessité d'imposer un moratoire sur l'exploitation du gaz de schiste qui constituerait une source additionnelle de pollution en Montérégie, déjà aux prises avec 40 jours de smog par année.
Au cours d'une conférence de presse tenue jeudi, à Montréal, l'AQLPA a présenté une étude sur le développement de l'industrie à Haynesville, en Louisiane. Selon l'étude, l'exploitation du gaz de schiste aurait des effets néfastes et durables sur la qualité de l'air.
« Selon un scénario de développement faible, avec 1570 puits en 2012, ces puits seraient responsables de 60 tonnes d'oxyde d'azote par jour, un irritant pulmonaire qui se transforme en ozone au sol, responsable du smog », a expliqué le président de l'AQLPA, André Bélisle.
Selon M. Bélisle, la qualité de l'air se détériorerait non seulement aux abords des zones de forage, mais partout en périphérie en raison des vents qui transportent les polluants.
Lois désuètes
L'AQLPA a profité de la conférence de presse pour exhorter le gouvernement à revoir ses règles de contrôle de la pollution de l'air, qu'elle juge désuètes.
« La réglementation sur la qualité de l'atmosphère doit être revue parce qu'elle est inadaptée et ne permet pas de tenir compte de l'apport de la production de gaz et de pétrole dans le bilan de la pollution atmosphérique au Québec », a déclaré André Bélisle.
André Bélisle souhaite du même coup que Québec revoie la Loi sur les mines, qui « date d'un autre siècle ».
Questionnée par l'opposition à Québec, la ministre des Ressources naturelles, Nathalie Normandeau, a réitéré l'intention de son gouvernement de réviser cette loi.
« Nous avons pris l'engagement de moderniser la loi sur les mines, nous avons pris l'engagement de déposer une nouvelle loi. Les règlements seront également modernisés. Tout sera fait dans les règles de l'art », a assuré la ministre.
Selon l'AQLPA, qui cite des chiffres de la Santé publique, 2000 décès sont attribuables chaque année à la pollution au Québec.