Mélanie Gauthier, seule femme arrêtée lors de l'opération SharQc, en avril 2009.
Mélanie Gauthier, la seule femme arrêtée dans l'opération SharQc contre les motards, devait connaître sa peine lundi matin. Elle a plutôt décidé de retirer son plaidoyer de culpabilité.
Mme Gauthier était la seule parmi les 137 personnes arrêtées à avoir plaidé coupable dans le cadre du coup de balai d'avril 2009. Elle devait recevoir sa sentence, au Centre de services judiciaires Gouin de Montréal, pour trois chefs d'accusation de complot, de trafic de drogue et de gangstérisme.
Au moment où elle allait connaître sa peine, Mélanie Gauthier a demandé au juge de retirer son plaidoyer de culpabilité, ce qui lui a été accordé sans difficulté. Ses coaccusés s'apprêtent à demander à la cour de casser toutes les accusations qui pèsent contre eux. S'ils obtiennent gain de cause, Mélanie Gauthier aurait été la seule prévenue à purger une peine de prison dans cette affaire.
À quand le procès?
Près de deux ans après la rafle visant à démanteler l'organisation des Hells Angels, plusieurs requêtes pour remise en liberté ont été entendues. À ce jour, 22 accusés ont pu recouvrer leur liberté en attendant leur procès.
Une requête en arrêt des procédures, déterminante pour la suite du dossier, sera plaidée dans deux semaines, malgré la possible grève des procureurs. « Ça devrait être considéré comme un service essentiel. Ce sont des détenus et c'est une requête importante, alors je pense que ça va fonctionner », a expliqué Me Madeleine Giauque, procureure en chef adjointe aux poursuites criminelles et pénales du Québec.
Il est toutefois difficile de prédire quand s'ouvrira un premier procès. « J'espère que ça pourra commencer en septembre 2011, probablement par d'autres requêtes, mais j'espère commencer en 2011 », a précisé Me Giauque.
L'opération SharQc est certainement l'opération policière la plus ambitieuse jamais menée contre les Hells Angels, qui ont presque tous été arrêtés.
Elle est d'ailleurs tellement ambitieuse, selon plusieurs avocats de la défense, qu'elle risque de faire naufrage devant les tribunaux, incapables de gérer un si grand nombre d'accusés.
D'après un reportage d'Isabelle Richer