Délabré un jour, branché demain

Le Vieux-Montréal Le Vieux-Montréal

Les quartiers de Montréal qui vivent leur heure de gloire ne peuvent jamais tenir pour acquis leur statut de « coins branchés » de la métropole. Le quadrilatère qui était très « in » un jour peut très bien se voir détrôné et déserté en l'espace de quelques années.

C'est le cas notamment de la rue Prince-Arthur. Alors qu'il n'y a pas si longtemps, on y déambulait avec difficulté tellement l'affluence était importante, aujourd'hui, c'est un secteur laissé à l'abandon. Près d'une quinzaine de commerces et de restaurants ont dû fermer au cours de la dernière année.

Pourtant, dans les années 1980 et 1990, Prince-Arthur était « le » coin branché de Montréal.

« Maintenant, le monde se demande "qu'est-ce qui se passe rue Prince-Arthur?" » lance Tim Maherpoor, propriétaire du Marché Extra, qui y survit de peine et de misère.

Le restaurant mexicain Tamales, lui, attribue le déclin de la rue au manque de vision de la ville. « Si on va sur Saint-Denis, c'est beau, c'est éclairé, c'est sécuritaire. Ici, le soir, c'est vraiment lugubre », juge Jean-Michel Loza, le gérant du restaurant.

M. Loza pense aussi que la difficulté d'avoir accès à des espaces de stationnement décourage les visiteurs. « Même nous, les employés, on a de la difficulté à stationner les voitures. Les clients, c'est sûr qu'ils préfèrent aller au quartier Dix30 ou à Laval ».

Le maire de l'arrondissement du Plateau-Mont-Royal, Luc Ferrandez, n'a pas voulu commenter la situation. Son cabinet explique que l'état de la rue Prince-Arthur n'est pas de son ressort.

Pendant ce temps, au sud, c'est le Vieux-Montréal qui connaît des heures fastes. Selon Tourisme Montréal, il s'agit de l'endroit le plus populaire de la ville.

Sur l'heure du midi, les travailleurs y affluent, et le soir, les restaurants sont bondés de fêtards. Mais cela n'a pas toujours été le cas.

« Moi je travaillais ici il y a dix ans, et il n'y avait rien. Ça a changé. Maintenant, il y a plein plein de choses », rapporte un badaud.

Le boom immobilier et commercial du Vieux-Montréal peut s'expliquer en partie par la venue de la Cité du multimédia. Le quartier a été revitalisé à la fin des années 1990, et on commence à voir l'impact de cet investissement, surtout à l'ouest de la rue McGill.

« Le quartier du Vieux-Montréal et les quais ont déployé des efforts pour revitaliser leur site et redéployer l'offre commerciale », explique Estelle Lacroix, porte-parole de la Société du Vieux-Port de Montréal.

« Il y avait presque pas de résidents il y a dix ans. Peut-être 74-78. On parle maintenant de plus de 5000 résidents, et ce n'est pas terminé. » — Mario Lafrance, directeur de la Société de développement commercial du Vieux-Montréal

En plus de voir son nombre de résidents augmenter, le nombre de visiteurs au Vieux-Montréal a progressé de plus de 12 % en 2010.

« J'ai l'impression que c'est un quartier en pleine effervescence », résume Natalie Hémond, propriétaire du spa Bota Bota.

D'après le reportage de Louis-Philippe Ouimet

En complément