Feu vert à l'ouverture de bars et tavernes

Bière

Le nouveau plan d'urbanisme de l'arrondissement Verdun permettra l'ouverture des débits de boissons sur son territoire. Bars, tavernes et microbrasseries y étaient interdits depuis 45 ans.

Officiellement, il n'y a pas de bars à Verdun en vertu d'un règlement de 1965, qui interdit leur présence. Les restaurants servaient déjà de l'alcool, mais souvent après 23 h, une fois les cuisines fermées.

L'arrondissement veut changer le règlement pour refléter le nouveau dynamisme de Verdun, selon le maire Claude Trudel. « Ça va répondre à une demande, résume-t-il. C'est moderne, la microbrasserie. On y brasse de la bière, on peut y manger. Il y a une atmosphère qui est moderne et jeune. Ça correspond, à mon avis, à ce que la clientèle de la rue Wellington est en train de devenir. »

Le quartier est en effet devenu très recherché par les jeunes, les premiers acheteurs de maison. L'arrondissement souhaite refléter ce nouveau visage et faire de Wellington une rue plus animée et plus festive.

Même s'il ouvre la porte à un nouveau type de débit de boissons, ce n'est pas demain matin que la bière de microbrasserie coulera à flots rue Wellington, prévient le maire. « On ne fera rien qui va changer la situation de l'alcool à Verdun sans consulter les gens, a-t-il assuré. Il n'est pas question de dire qu'il va y avoir 10 microbrasseries, qu'on va demander un amendement à la loi, pas du tout. »

Verdun est le premier arrondissement de Montréal à réviser son plan d'urbanisme. Le nouveau plan, qui doit être entériné par la ville centre l'an prochain, sera à terme intégré au plan de zonage. Il énonce les lignes directrices que suivront les autorités pour superviser l'aménagement dans les prochaines années.

Les marchands satisfaits

Le directeur de la Société de développement commercial (SDC) de la rue Wellington, Billy Walsh, estime que ce type de commerce se prête fort bien à des concerts ou à des expositions d'artistes. À son avis, il pourrait insuffler une nouvelle vitalité culturelle à l'artère. « Le grand avantage, c'est de diversifier le mélange commercial, de créer par ricochet de l'animation dans la rue et de créer une certaine vie culturelle », affirme-t-il.

Pour le moment, indique M. Walsh, quelques entrepreneurs ont manifesté l'intérêt à l'idée d'ouvrir une microbrasserie, mais aucun n'a encore présenté de projet détaillé accompagné d'un plan d'affaires.

Pendant plusieurs décennies, l'ancienne Ville de Verdun a appliqué la Loi sur la tempérance, inspirée de la prohibition. On y interdisait les tavernes, les boîtes de nuit et les cabarets. Verdun et Saint-Lambert, sur la Rive-Sud, ont longtemps été les seules « villes sèches » du Québec.

En 1996, Verdun a officiellement abrogé la loi et autorisé les restaurants à vendre de l'alcool aux clients qui commandaient un repas. Mais l'essentiel du règlement a été intégré aux règlements de zonage et, à ce jour, les bars restent interdits sur le territoire de l'arrondissement.

D'autres changements sont aussi à l'étude pour stimuler le commerce rue Wellington. L'arrondissement étudie entre autres la possibilité de transformer la rue en mail piétonnier, comme la Plaza St-Hubert, d'y faire un sens unique avec une piste cyclable, ou de transformer le vieux stationnement étagé pour le rendre plus attrayant.

C'est toutefois loin d'être une décision définitive, a indiqué le maire Trudel, car il faut d'abord s'assurer que de telles mesures seront sécuritaires et qu'elles ne nuiront pas aux marchands.

Construction à l'Île-des-Soeurs

Le plan d'urbanisme de l'arrondissement Verdun prévoit aussi d'importants projets immobiliers à l'Île-des-Soeurs, où des centaines d'appartements sont en construction sur la pointe nord, près du Campus Bell.

L'arrondissement projette d'adapter l'offre commerciale à ces nouveaux arrivants en permettant, notamment, l'ouverture de boutiques autour de la place du Commerce.

Le maire souhaite remplacer les entrepôts situés le long du chemin du Golf par un ensemble d'immeubles résidentiels locatifs, et transformer les immeubles religieux, vendus par leur communauté, en logements sociaux.

D'après le reportage de Maxime Coutié

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