Polytechnique : un triste anniversaire

Plaque commémorative des victimes de Polytechnique Plaque commémorative des victimes de Polytechnique   © Louis-André Bertrand

Le triste anniversaire du massacre de l'École polytechnique de Montréal a été souligné un peu partout au Canada.

Il y a 21 ans, 14 femmes ont trouvé la mort, dont 13 étudiantes et une employée de l'administration, tuées par Marc Lépine. Sa haine pour les femmes avait motivé sa fureur meurtrière. Dans sa lettre de suicide, il écrivait : « [...] les féministes ont toujours eux [sic] le dont [sic] de me faire rager ».

Les victimes
  • Geneviève Bergeron
  • Hélène Colgan
  • Nathalie Croteau
  • Barbara Daigneault
  • Anne-Marie Edward
  • Maud Haviernick
  • Maryse Laganière
  • Maryse Leclair
  • Anne-Marie Lemay
  • Sonia Pelletier
  • Michèle Richard
  • Annie St-Arneault
  • Annie Turcotte
  • Barbara Klucznik Widajewicz

Une gerbe de 14 roses blanches a été déposée devant la plaque commémorative installée devant l'École polytechnique, sur la colline où se trouve l'Université de Montréal. L'École polytechnique a indiqué qu'elle souhaitait « privilégier une commémoration sobre, à caractère individuel », et ce, sans faire de cérémonie contrairement aux années passées.

Message de la direction de l'école PolytechniqueLa douleur a fait place à la continuation de la vie... Le souvenir de treize étudiantes et d'une membre du personnel de Polytechnique ayant perdu la vie le 6 décembre 1989, et celui de plusieurs personnes blessées dans leur chair et meurtries dans leur coeur, demeure.

L'Université de Montréal a aussi mis ses drapeaux en berne. Des rubans blancs, symbole de la lutte contre la violence faite aux femmes, étaient offerts au local de l'Association des étudiants de Polytechnique.

D'autres cérémonies ont eu lieu un peu partout au pays parce que la date du 6 décembre a été déclarée par le Parlement « Journée nationale d'action contre la violence faite aux femmes ».

La classe politique se souvient

Le premier ministre Stephen Harper a qualifié le massacre de l'École polytechnique de l'un des actes les plus haineux de l'histoire canadienne.

Le chef du Bloc québécois a souhaité, lui, que pareil drame ne puisse se reproduire, notamment en assurant « le maintien et le renforcement du registre des armes à feu ». Gilles Duceppe a décrié le travail de sape des conservateurs contre le registre des armes à feu, mis en place dans la foulée de la tuerie de Polytechnique.

Le chef du Parti libéral, Michael Ignatieff, a indiqué que la tuerie de Polytechnique avait permis aux Canadiens de réaliser que les femmes courent toujours plus de risques que les hommes, qu'il y a moins de sécurité pour les femmes, et c'est une forme d'inégalité qui reste et qui est injuste dans notre société.

Le chef du NPD, Jack Layton, a ajouté qu'une attention particulière devait être accordée aux femmes autochtones, qui font face à de graves taux de violence conjugale, de pauvreté et de discrimination.