Ces Montréalais pressent Ottawa d'investir davantage pour lutter contre l'itinérance.
À Montréal, 200 manifestants ont fait part de leurs appréhensions, jeudi, relativement à l'aide qu'apportera Ottawa aux sans-abri dans les années à venir. Le gouvernement fédéral dispose d'un programme destiné à secourir les sans-abri. Mais ce programme, dans sa forme actuelle du moins, doit se terminer en mars 2011. Que se passera-t-il après? Les membres du Réseau d'aide aux personnes seules et itinérantes de Montréal (RAPSIM) le redoutent.
L'aide fédérale pour lutter contre l'itinérance est insuffisante et le temps presse, selon un réseau d'aide aux sans-abri, appuyé par la Ville de Montréal et par l'opposition à Ottawa.
Plus tôt cette année, Ottawa avait annoncé que le programme serait maintenu, mais non sans faire l'objet d'une révision. Le gouvernement canadien n'avait pas non plus précisé quel serait le budget alloué au programme.
À Montréal, jeudi, les manifestants étaient inquiets : « Dix ans de programme fédéral sans récurrence, c'est pas normal », scandaient-ils.
Le RAPSIM regroupe pas moins de 93 organismes qui s'occupent des itinérants. L'action de ces organismes va des refuges qui sont offerts aux sans-abri aux activités visant à les réinsérer dans le marché du travail.
Les organismes membres du RAPSIM sont appuyés, dans leur démarche, par l'administration de la Ville de Montréal, de même que par les membres de l'opposition à Ottawa.
Actuellement, Ottawa consacre 8 millions de dollars pour lutter contre l'itinérance. Pour les membres du RAPSIM, c'est trop peu.
Le Réseau d'aide aux personnes seules et itinérantes (RAPSIM) était l'instigateur de la manifestation.
Les membres du RAPSIM réclament que l'aide fédérale soit presque triplée, passant des 8 millions actuellement versés par Ottawa à 21 millions de dollars.
« Les coûts de l'immobilier ont augmenté de plus de 100 %. Le nombre de personnes dans la rue a aussi augmenté; ce qu'on veut, c'est davantage de moyens », explique Pierre Gaudreau.
La Stratégie des partenariats de lutte contre l'itinérance (SPLI), le programme fédéral en question, est considérée comme étant essentielle par la Ville de Montréal. Michael Applebaum,vice-président du comité exécutif de la Ville de Montréal, a joint sa voix à celle des manifestants pour rappeler qu'en avril dernier, le conseil municipal avait unanimement adopté une résolution demandant à Ottawa de reconduire le programme. La Ville de Montréal formulait la même demande au gouvernement du Québec, qui contribue à gérer ledit programme.
En novembre 2009, l'Assemblée nationale avait accusé réception d'un rapport sur l'itinérance qui révélait des problèmes criants. Au Québec, les trois quarts des itinérants vivent à Montréal.