Le calme est revenu à Oka, vendredi, après une vive altercation entre les Mohawks et des représentants de la compagnie Norfolk au sujet du terrain situé en face de la pinède d'Oka.
La décision des représentants de la compagnie Norfolk de marquer des arbres à abattre sur un terrain revendiqué par les Mohawks donne lieu à une vive altercation. Un geste de pure provocation, juge le Conseil de bande de Kanesatake.
En matinée, une trentaine de membres de la communauté mohawk de Kanesatake attendaient de pied ferme le promoteur Normand Ducharme et son équipe venus marquer des arbres à abattre sur le terrain qu'ils considèrent comme leur terre ancestrale.
Normand Ducharme a été invectivé par les Mokawks.
Malgré les demandes répétées des membres du Conseil de bande de Kanesatake, Normand Ducharme a refusé de quitter les lieux.
La tension est alors montée. Le Conseil de bande a demandé aux policiers d'intervenir pour éviter que la situation ne dégénère comme il y a 20 ans, lors de la crise d'Oka.
Ce sont des policiers de la Sûreté du Québec qui ont finalement escorté le véhicule de M. Ducharme jusqu'à Oka.
« Il a eu ce qu'il a mérité. Moi, je n'ai pas de pitié pour ce gars-là », a déclaré pour sa part Serge Cimon, de la communauté mohawk. « Si on avait vraiment voulu se déchaîner, ce gars-là ne serait jamais sorti d'ici avec sa tête sur les épaules . »
M. Ducharme a indiqué qu'il ne portera pas plainte, bien qu'il dit avoir reçu des coups de poing et que sa voiture ait été endommagée. Il affirme ne pas vouloir envenimer la situation davantage.
La route 344, qui a été bloquée pendant quelques heures, a été rouverte à la circulation.
Un geste de « provocation »
Le geste de la compagnie Norfolk a été qualifié de « provocation » par les membres du Conseil de bande de Kanesatake.
De son côté, le maire d'Oka Richard Lalonde souligne qu'une réunion avec les gens de Norfolk était pourtant prévue lundi en vue d'entamer des négociations.
À la fin du mois de juillet, le conseil municipal d'Oka a adopté, à l'unanimité, une résolution pour créer un réserve foncière sur le terrain en litige et y bloquer tout développement immobilier pour une durée de deux ans. La municipalité veut amener la Financière Norfolk à négocier pour vendre le terrain dont elle est propriétaire.
Le promoteur conteste la résolution, estimant qu'elle est « illégale ». Normand Ducharme réclame qu'Ottawa intervienne pour acheter son terrain. Entre-temps, il promet répéter la même opération la semaine prochaine.
Depuis Winnipeg, où il participe à la rencontre annuelle du Conseil de la fédération, le premier ministre du Québec, Jean Charest, a dit « suivre la situation de près ». Il a rappelé que son gouvernement avait appuyé la démarche de la municipalité d'Oka d'interdire le développement immobilier sur le terrain en litige.