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La municipalité d'Oka |
À Oka, la municipalité pose un geste dans le but de préserver la paix. Elle prend les mesures nécessaires pour pouvoir se porter acquéreur de trois terrains qui sont au coeur d'un litige entre les Mohawks et un promoteur immobilier.
La municipalité a adopté à l'unanimité, samedi dernier, une résolution qui lui permet d'instaurer une réserve foncière. Cette résolution est autorisée en vertu de la Loi sur l'expropriation du Québec.
Par cette résolution, la Ville d'Oka se trouve à bloquer, pour une durée de deux ans, tout développement sur les terrains en question. La municipalité souhaite, par ce geste, amener la Financière Norfolk à négocier pour vendre des terrains.
Rappelons que la Financière Norfolk affirme être propriétaire desdits terrains, sur lesquels elle veut mener un projet de développement immobilier. La compagnie invoque le Code civil du Québec et le cadastre officiel pour justifier ses dires.
Mais les Mohawks de Kanesatake sont opposés au projet. Pour les Mohawks, les plans qu'échafaude la Financière Norfolk sont de la provocation.
Un affrontement était à craindre cette semaine dans ce dossier. En effet, la Financière Norfolk avait l'intention de procéder, vendredi, à une opération de repérage des arbres qu'elle envisage de couper pour mener à bien ses travaux de construction. Semblable opération de repérage avait été menée dans le passé par la compagnie, et elle avait été interrompue par les Mohawks.
La Financière Norfolk a fait savoir qu'elle ne se rendra pas sur les lieux, vendredi, si l'offre d'achat que s'apprête à lui faire la municipalité s'avère « sérieuse ». Norfolk évalue les terrains en question à quelque 400 000 $.
Le maire d'Oka, Richard Lalonde, espère conclure une entente avec Norfolk, faute de quoi la municipalité s'en remettra au gouvernement canadien.
Les revendications territoriales des Autochtones sont de compétence fédérale. Ottawa aurait mené des pourparlers avec les Mohawks, mais pas avec le promoteur, aux dires de ce dernier.
Quant à la municipalité d'Oka, elle a toujours refusé d'octroyer des permis qui auraient fait en sorte d'autoriser la transformation de ces terres tant convoitées.
D'après des informations d'Yvan Côté et de Jean-Philippe Robillard