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Montréal

Lock-out au port de Montréal
Impatience et frustration

Mise à jour le mercredi 21 juillet 2010 à 9 h 22

Des débardeurs à l'entrée du port de Montréal

Photo: La Presse Canadienne /Ryan Remiorz

Des débardeurs à l'entrée du port de Montréal

Au deuxième jour du lock-out au port de Montréal, l'Association des employeurs maritimes a obtenu une injonction qui limite le nombre de piqueteurs devant les installations portuaires. L'injonction a pour effet d'éloigner les piqueteurs à une distance de 10 mètres des entrées du port.

Entre-temps, les représentants des débardeurs du port de Montréal, en lock-out depuis lundi, réclament une reprise des pourparlers avec leur employeur dès mercredi. Le porte-parole Michel Murray affirme que les débardeurs sont prêts à négocier « jour, soir et nuit, jusqu'au règlement final ».

L'Association des employeurs maritimes se dit prête à se rasseoir non pas mercredi, mais jeudi et vendredi, avec les débardeurs syndiqués. Ces pourparlers se dérouleront en présence du médiateur fédéral. L'employeur donnera alors son avis sur la proposition syndicale déposée dimanche.

Pendant ce temps, des conteneurs remplis de marchandises demeurent entassés dans le port. La direction du port affirme que les bateaux sont redirigés vers d'autres ports aux États-Unis. L'Association des employeurs maritimes évalue que ce lock-out lui coûtera 800 000 $ par semaine.

Rappelons qu'une rencontre convoquée par le médiateur, lundi, n'a pas permis aux parties de s'entendre sur la question des services essentiels. Le syndicat a fait savoir qu'il refusait d'assurer d'autres services essentiels que ceux prévus par la loi, c'est-à-dire le maintien des activités dans les terminaux céréaliers.

Tout le conflit repose sur le sort réservé aux débardeurs qui ont peu d'ancienneté. L'Association des employeurs maritimes veut leur retirer la sécurité d'emploi offerte aux plus anciens. Ces derniers sont payés quand ils se mettent en disponibilité pour le travail, même si, dans les faits, ils ne se rendent pas au travail. Une clause jugée inacceptable par l'employeur dans le contexte actuel.

Les 850 débardeurs membres du syndicat des débardeurs sont sans contrat de travail depuis le 31 décembre 2008.

Le Conseil du patronat du Québec a manifesté son inquiétude quant à ce conflit de travail. Mardi, le président du Conseil, Yves-Thomas Dorval, a déclaré qu'avec des retombées de près de 1,5 milliard de dollars par année, le port de Montréal constituait un moteur économique de premier plan pour le Québec.

Le port de Montréal en bref

Un des nerfs de l'activité économique de la métropole, le port a enregistré une hausse de son trafic de 7,9 % au premier semestre 2010 par rapport à l'an dernier.

Les différents secteurs ont connu les fluctuations suivantes :

  • La manutention du minerai de fer au terminal de Contrecoeur a presque été multipliée par quatre;
  • Le trafic de conteneurs a enregistré une hausse de 12,6 %, à 6,1 millions de tonnes;
  • Le vrac solide a augmenté de 13,7 %;
  • Le vrac liquide a encaissé une baisse de 2,9 %.

Le trafic avec la Méditerranée et les Antilles a augmenté respectivement de 35 % et de 19 %, celui avec l'Europe du Nord de 3 %.

L'Administration portuaire de Montréal (APM) a rapporté des pertes de 22 millions de dollars en 2009, après des profits de 11 millions en 2008. Ces pertes s'expliquent par un rattrapage d'impôts à payer, sans quoi le port aurait affiché des profits de 6,3 millions.

L'administration envisage d'ajouter un terminal à conteneurs à ses installations de Contrecoeur, afin de répondre à la hausse du trafic de conteneurs.

Le port emploie 5400 personnes et génère 1,5 milliard de dollars par an pour l'économie canadienne.

Pour la marchandise transportée par conteneurs, Montréal se classe au huitième rang des ports nord-américains, représentant un point d'entrée majeur pour les marchandises à destination du Québec et de l'Ontario.

À l'échelle mondiale, le port de Montréal s'avère toutefois de taille modeste. Il ne figure pas parmi les 125 plus importants ports du classement en tonnes métriques de l'Association américaine des administrations portuaires. Celui de Vancouver se classe 30e et celui de New York 28e.

Radio-Canada.ca avec Presse canadienne

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