900 débardeurs sont forcés au lock-out

Les débardeurs ont eu la surprise de ne pas pouvoir rentrer au travail au port de Montréal, lundi. Les débardeurs ont eu la surprise de ne pas pouvoir rentrer au travail au port de Montréal, lundi.

L'Association des employeurs maritimes a mis en lock-out ses 850 débardeurs. Cinquante autres débardeurs, dont le statut d'emploi est temporaire, sont également touchés par ce conflit de travail.

Port de Montréal : l'Association des employeurs maritimes surprend ses 900 débardeurs en les mettant en lock-out. Le Syndicat des débardeurs accuse la partie patronale d'avoir torpillé les négociations et craint une intervention d'Ottawa.

Les quelque 900 débardeurs du port de Montréal, membres de la section locale 375 du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP), sont sans contrat de travail depuis le 31 décembre 2008.

Les négociations entre les parties sont rompues. Mais de part et d'autre, on se dit prêt à les renouer. La partie patronale affirme ne pas avoir eu le choix de décréter ce lock-out en raison des moyens de pression « préjudiciables » exercés par les débardeurs.

De leur côté, les débardeurs syndiqués qualifient le lock-out « d'injustifié et d'injuste » étant donné que, pas plus tard que dimanche, les négociations entre les parties se déroulaient rondement, selon eux. Le SCFP affirme qu'en vertu de la tournure encourageante des pourparlers, dimanche, il avait même décidé de renoncer à une deuxième vague de moyens de pression.

Le port de Montréal est paralysé La majeure partie des activités a cessé dans le port de Montréal, excepté dans les terminaux céréaliers et les entrepôts gérés par le Port. Les entrées du port sont bloquées depuis 8 heures, lundi. La direction du port affirme que les bateaux sont redirigés vers d'autres ports aux États-Unis, et que des camionneurs ont dû rebrousser chemin. Les syndiqués en lock-out affirment plutôt que des porte-conteneurs sont en attente aux Escoumins.

Selon Gilles Corriveau, porte-parole de la partie patronale, les débardeurs ont eu recours la semaine passée à des moyens de pression qui ont créé un climat d'incertitude. Gilles Corriveau affirme que ces moyens de pression ont pris la forme de :

  • Ralentissements dans le travail
  • Absences d'employés qui avaient pourtant promis de se présenter au travail
  • Refus de faire des heures supplémentaires

Une rencontre a eu lieu durant le week-end entre les parties et le médiateur. « Mais force a été d'admettre qu'on ne pouvait pas s'entendre », affirme Gilles Corriveau.

Le litige concerne la sécurité d'emploi et de revenu.

« Le port de Montréal est le seul endroit au monde où les débardeurs sont payés lorsqu'ils travaillent, mais sont aussi payés plein salaire lorsqu'ils ne travaillent pas. » — Gilles Corriveau, Association des employeurs maritimes

Dorénavant, l'employeur ne veut payer que les heures travaillées.

Réplique cinglante du SCFP

Le SCFP en conférence de presse à la suite du lock-out décrété par l'Association des employeurs maritimes. Le SCFP en conférence de presse à la suite du lock-out décrété par l'Association des employeurs maritimes.

Durant un point de presse tenu lundi en fin de matinée, Michel Murray, conseiller syndical au SCFP, a martelé que, si le port de Montréal était aussi compétitif, c'était en bonne partie grâce à la présence de ses débardeurs qui sont « disponibles 365 jours par année, sept jours sur sept ».

Michel Murray a affirmé que le SCFP soupçonnait la partie patronale de « se livrer à un petit numéro » tout en discutant en coulisses avec Lisa Raitt, la ministre canadienne du Travail. « La ministre Raitt est une ancienne directrice de port et elle connaît bien le transport maritime », a expliqué Michel Murray, en intimant Ottawa de ne pas tenter de s'ingérer dans le dossier.

À Ottawa, la ministre Raitt a publié une déclaration dans laquelle elle se dit « déçue » que l'Association des employeurs maritimes et le Syndicat des débardeurs (Syndicat canadien de la fonction publique, section locale 375) aient été incapables de régler leur différend.

Par solidarité avec les plus jeunes débardeurs...

Le SCFP soutient que 169 de ses membres se sont vu signifier par leur employeur qu'ils n'avaient plus droit à la sécurité d'emploi prévue à leur convention collective. Michel Murray affirme que c'est par solidarité avec ces 169 débardeurs que les syndiqués avaient décidé à l'unanimité de ne pas accepter d'heures supplémentaires.