Des manifestants au départ de Montréal
On est sans nouvelles d'environ 300 des 450 jeunes militants qui ont quitté Montréal vendredi pour aller manifester aux sommets du G8 et du G20.
On est sans nouvelles d'environ 300 des 450 jeunes militants qui ont quitté Montréal vendredi pour aller manifester aux sommets du G8 et du G20. La Convergence des luttes anticapitalistes dénonce les méthodes policières.
Neuf autobus scolaires bondés sont partis de Montréal au cours de la journée de vendredi. Ceux et celles qui sont revenus de Toronto sont très inquiets.
La porte-parole de la Convergence des luttes anticapitalistes (CLAC), Danie Royer, affirme qu'elle était au courant dimanche de l'arrestation d'environ 70 Québécois. Mais c'est seulement en faisant le décompte de 130 passagers, au moment de quitter Toronto pour revenir à Montréal, que les organisateurs se sont rendu compte que 300 personnes manquaient à l'appel.
Mme Royer, qui a participé à la coordination du transport, affirme ne pas savoir si les manifestants ont été retardés ou arrêtés.
La CLAC et le Regroupement anti-G20 étudiant (RAGE), les deux grands organisateurs de ce voyage à Toronto, ont décidé de laisser des autobus à Toronto pour ramener les manifestants qui seront libérés après leur comparution.
Les responsables du voyage pensent que certains ont été retenus trop longtemps ou que d'autres ont peut-être attendu que leurs amis soient libérés.
Des arrestations dénoncées
Danie Royer soutient qu'elle ne serait pas surprise que plusieurs aient été arrêtés. Selon elle, les policiers arrêtaient toute personne qui avait l'air d'un manifestant. Mme Royer a aussi accusé les policiers d'avoir arrêté tous ceux « qui parlaient français ou qui avaient une plaque du Québec ».
Lors de la conférence de presse de lundi, les représentants de la CLAC ont fait un parallèle entre les interpellations du week-end et celles survenues lors de la crise d'Octobre de 1970, où des intellectuels et des artistes avaient été arrêtés sans mandat, en vertu de la Loi sur les mesures de guerre.
Les représentants de la CLAC ont aussi refusé de se dissocier des actes de vandalisme commis à Toronto, disant respecter la « diversité des tactiques » pour s'exprimer. « Les bris qu'il y a eus à Toronto, je m'excuse, mais ce ne sont que des bris matériels, des bris qui ont été commis envers des commerces, peut-être des multinationales, des voitures de police peut-être, des banques aussi, mais c'est justement à ces symboles du capitalisme-là qu'on s'en prend », a déclaré Danie Royer.
« Pour nous, c'est du vandalisme contre certains commerces qui sont responsables de choses beaucoup plus graves, de morts dans le monde, de pollution, qui poussent des gens au crédit au suicide. Pour nous, ce n'est pas que c'est anodin, mais c'est symbolique et ce n'est pas quelque chose qui se compare avec la violence généralisée dans notre monde qu'on a actuellement », a ajouté l'autre porte-parole de la CLAC, Mathieu Francoeur.
Les responsables de la CLAC manifesteront jeudi au square Phillips, à Montréal, pour dénoncer la façon dont les autorités ont traité les manifestants à Toronto.
La Convergence des luttes anticapitalistes se décrit comme un réseau de groupes et d'individus, provenant du milieu communautaire ou s'opposant au capitalisme, dont les intérêts vont des droits des immigrants aux droits des femmes.
Avec un reportage de Claude-Sophie Hennekens