Fusillade à l'école Dawson
Polytechnique, Dawson et Concordia. Autant de lieux d'enseignement qui ont été le théâtre de tueries à Montréal depuis 1989. Pour les proches des victimes, et pour des survivants, l'attitude du chef néo-démocrate Jack Layton dans le dossier des armes à feu est décevante.
Des victimes de tueries à Montréal réclament à l'unisson de Jack Layton qu'il impose à ses députés de voter contre un projet de loi qui modifierait le registre des armes à feu.
Selon ces victimes, il importe que le chef du NPD impose à ses députés de voter massivement contre le projet de loi privé C-391. Ledit texte est sur le point d'être adopté à la Chambre des communes et il aura pour effet de retirer du registre des armes à feu les armes d'épaule.
Pour les survivants des tueries et les proches de victimes, le vote des députés du NPD sera déterminant pour bloquer l'adoption du projet de loi qu'ils décrient.
Le NPD n'a pas donné de consignes de vote à ses députés, leur laissant le libre choix. Avec le vote des conservateurs en faveur de l'abolition du registre, un vote libre des députés du NPD risque de faire basculer les choses, puisque le vote des bloquistes et des libéraux ne serait pas suffisant pour maintenir le registre.
Des armes qui peuvent faire beaucoup de dommages
Un type d'armes d'épaule a notamment été utilisé par Marc Lépine à l'École Polytechnique en 1989. Nathalie Provost, blessée de quatre balles à l'École Polytechnique, se dit révoltée : « Chaque jour, lorsque je me regarde dans le miroir, je me rappelle la capacité de destruction de cette arme [...] qui ne serait plus enregistrée sous le projet de loi C-391. Et c'est scandaleux! »
Les victimes, qui se sont unies pour l'occasion afin de parler d'une même voix, souhaitent que le NPD imite le Bloc québécois et le Parti libéral fédéral. Ces deux formations politiques ont imposé à leurs députés de voter en bloc contre le projet de loi C-391. Ce projet de loi est l'initiative d'une députée conservatrice.
Louise Hevey dénonce quant à elle le fait que des députés néo-démocrates provenant de circonscriptions rurales subissent des pressions de leurs électeurs pour voter pour l'abolition du registre des armes à feu. Selon Louise Hevey, ces députés craignent de perdre des votes s'ils ne se prononcent pas pour l'abolition du registre.
Hayder Kadhim est l'une des personnes ayant été blessées lors de la tuerie du Collège Dawson en septembre 2006. Il se souvient de la visite qu'avait faite Jack Layton au collège, quelques mois après le drame, en avril 2007. Hayder Kadhim soutient que le chef néo-démocrate lui avait personnellement assuré qu'il ferait tout en son pouvoir pour maintenir le registre des armes à feu.
Thomas Mulcair tente de rassurer
Le seul député néo-démocrate du Québec, Thomas Mulcair, a indiqué que M. Layton était encore personnellement en faveur du registre des armes à feu.
« C'est clair pour lui qu'il serait inacceptable que le registre des armes soit démantelé. M. Layton travaille sans relâche pour veiller à ce que le registre des armes à feu soit maintenu », a-t-il expliqué.
« M. Layton est en train d'utiliser toute son influence et toute son expérience pour veiller à ce que le résultat soit celui-là : que le registre des armes à feu soit maintenu », a ajouté M. Mulcair.
Le député néo-démocrate d'Outremont a rappelé qu'il n'y avait pas que des députés néo-démocrates qui avaient voté en faveur de l'abolition du registre, à un stade préliminaire, mais aussi des députés libéraux.