Jusqu'à 60 déchirures par année

Solveig Miller parle de l'état de la toile du stade olympique.

Un document de la Régie des installations olympiques révèle que la toile qui recouvre le stade olympique de Montréal se déchire jusqu'à 60 fois l'an. Des experts pressent les autorités pour qu'elle soit remplacée.

Radio-Canada a obtenu, par la Loi d'accès à l'information, un document qui met en lumière la vulnérabilité de la toile qui couvre le stade olympique de Montréal. Selon ce document, la toile nécessite des réparations, parce qu'elle se déchire de 50 à 60 fois par année. Elle a perdu 45 % de sa résistance.

En 2009, le Service de sécurité incendie de Montréal a signifié à la Régie des installations olympiques (RIO) qu'il était impératif de revoir le protocole de sécurité pour s'assurer que le public ne risquait rien dans l'enceinte du stade. La RIO s'est pliée à cette exigence, faute de quoi le Service de sécurité incendie de Montréal aurait pu fermer l'accès à l'enceinte du stade de manière définitive.

La solution ultime consistera à remplacer la toile.

La Régie des installations olympiques et le ministère du Tourisme (qui est responsable des installations olympiques) ont décliné l'offre de commenter cette affaire à la caméra.

Le ministère du Tourisme laisse entendre qu'une annonce relativement au remplacement de la toile du stade est possible avant l'été. SNC-Lavalin a remporté le contrat pour ce faire, mais la firme montréalaise dit ne pas avoir encore reçu de mandat à cet effet.

Un incident qui fait peur

Environ 1650 tonnes de neige sont tombées dans le stade olympique après une déchirure de la toile en 1998. Environ 1650 tonnes de neige sont tombées dans le stade olympique après une déchirure de la toile en 1998.

Installée en 1998, la toile fabriquée par la compagnie Birdair subissait une importante déchirure un an plus tard, en plein hiver. Jacques Proteau, directeur adjoint au Service sécurité incendie de Montréal, s'en souvient bien, puisqu'il était présent dans le stade, ce jour-là.

Environ 1650 tonnes de neige s'étaient accumulées sur la toile. Lorsque la déchirure s'est produite, « personne ne pouvait nous garantir qu'il n'y avait personne sous le tas de neige », affirme Jacques Proteau.

Depuis cet incident, la toile n'a cessé de perdre de sa résistance, ce qui a entraîné la mise en place de nouvelles procédures de sécurité. Dans le protocole établi par le Service de sécurité incendie, d'autres analyses de résistance mécanique sur la toile sont exigées, d'ici l'automne.

« Les analyses de firmes spécialisées nous précisent la charge que le toit peut supporter. La toile est usée [...] La solution numéro un, selon différents rapports, c'est qu'à plus ou moins brève échéance cette toile-là devra être changée. » — Jacques Proteau, directeur adjoint au Service sécurité incendie de Montréal

Selon Pierre Carreau, professeur à l'École polytechnique de Montréal et directeur du Centre de recherche en plasturgie et composites, « il est relativement facile, avec un exacto, un petit couteau, j'ai facilement coupé la toile, ça montre évidemment le problème de faiblesse de la toile ». De l'avis du professeur Carreau, la toile actuelle avait des faiblesses dès sa conception.

D'après les reportages de Solveig Miller et de Richard Massicotte

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