Argent public, projet secret

Terrain vague à Laval où sera construit un centre culturel et sportif Le centre culturel et sportif sera construit sur ce terrain vague du quartier Chomedey Ouest.

La Ville de Laval s'apprête à investir quelque 100 millions de dollars, dont 60 millions en subventions fédérales et provinciales, pour la construction d'un centre culturel et sportif en partenariat public-privé.

Des citoyens de Laval déplorent l'opacité du processus d'appel d'offres en vue de la construction d'un centre culturel et sportif. La Ville s'appuie sur une nouvelle loi québécoise qui ne s'applique pourtant pas à ce projet.

Laval veut partager sa partie des coûts du projet avec une entreprise privée. La Ville fera don du terrain situé dans le quadrilatère formé par le boulevard Daniel-Johnson, le boulevard Saint-Martin, l'autoroute 15 et le boulevard du Souvenir.

Le reportage d'Anne Panasuk

Plusieurs citoyens, dont un représentant du parti Mouvement lavallois, ont profité d'un conseil municipal animé, lundi soir, pour déplorer l'opacité du processus d'appel d'offres et le recours au PPP dans le cadre de ce projet. Les réponses du maire Gilles Vaillancourt ne les ont pas satisfaits.

Par la voix de son porte-parole Marc Laforge, la Ville affirme vouloir montrer l'exemple en appliquant dès maintenant les nouvelles dispositions de la loi 76 sur le processus d'attribution des contrats des organismes municipaux. Celle-ci interdit la divulgation des noms des soumissionnaires pour éviter toute forme de collusion.

Extrait des notes explicatives de la loi 76« La loi prévoit l'interdiction, pour un membre du conseil ou pour un fonctionnaire ou employé de l'organisme municipal, de divulguer avant l'ouverture des soumissions tout renseignement permettant de connaître le nombre ou l'identité des personnes qui ont présenté une soumission ou qui ont demandé une copie de la demande de soumissions ou d'un document auquel elle renvoie. »

Toutefois, cette loi, sanctionnée le 1er mars dernier, n'est pas encore en vigueur et ne s'appliquerait pas à ce projet, puisque c'est un organisme sans but lucratif (OSBL), la Cité de la culture et du sport de Laval, qui est responsable de sa gestion. Le directeur général de la Ville de Laval, Richard Fleury, est à la tête du conseil d'administration de cet OSBL.

Selon le directeur général de la Corporation des entrepreneurs généraux du Québec, Luc Martin, cette manière de faire n'empêchera pas les entreprises de se concerter. Il estime que cela se traduira par des coûts à la hausse.