Maurice Gibeau
Radio-Canada a appris aux proches d'un octogénaire les circonstances singulières de son décès à la résidence du parc Jarry, des circonstances qui avaient précédemment été tues par la résidence montréalaise pour personnes âgées.
Les proches d'un octogénaire mort alors que le préposé aux bénéficiaires qui devait s'en occuper dormait n'ont pas été informés des circonstances du décès par la résidence du parc Jarry.
Le 13 décembre dernier, Maurice Gibeau est mort à la résidence du parc Jarry à Montréal, au quatrième étage. La nuit de son décès, le seul préposé aux bénéficiaires à cet étage devait faire des rondes de surveillance chaque heure. Mais il a débranché les cloches d'appel qui permettent aux résidents de le joindre et s'est endormi.
Tôt le matin, la famille a été avisée du décès, sans toutefois que soient évoqués les circonstances et le congédiement de l'employé en question. Ce n'est que plusieurs mois plus tard que Radio-Canada a dévoilé ces informations à la famille à la suite d'un appel d'un employé du réseau de la santé.
Une des filles du défunt, Lucie Gibeau, est consternée par ce qu'elle a appris et s'interroge sur ce que son père a pu ressentir en l'absence du préposé.
Sa plus grande peur, c'était de mourir étouffé tout seul. C'est ce qui est arrivé. [...] C'est sûr que la personne n'aurait pas pu rien faire comme tel. Mais d'avoir une présence avec lui, ça aurait été apprécié certainement. »
— Lucie Gibeau, fille de Maurice Gibeau
Maurice Gibeau vivait sur un étage de 34 lits réservés aux gens qui ont besoin de beaucoup de soins.
Radio-Canada a rencontré la directrice de la résidence du parc Jarry, Michelle Jodoin, qui refuse de confirmer les informations.
Elle cite le droit de la résidence « de protéger la confidentialité du dossier du résident et de l'événement qui le concerne ».
Rappelons que les lits du quatrième étage de cette résidence sont subventionnés par le gouvernement.
C'est le Centre de santé et de services sociaux (CSSS) du Coeur-de-l'Île qui a donné le contrat de places subventionnées à la résidence. Mais la directrice de la qualité au CSSS du Coeur-de-l'Île, Suzanne Lavallée, refuse aussi de parler du cas de Maurice Gibeau.
Pour apprendre ce qui s'est passé, la famille a pris rendez-vous fin mai avec les directions du CSSS et de la résidence du parc Jarry. On lui a confirmé les informations de Radio-Canada tout en prétendant qu'il n'y a pas de lien entre la mort du père et la faute du préposé aux bénéficiaires.
D'après un reportage d'Éric Plouffe