Dans son rapport présenté mardi matin aux médias, le vérificateur général de Montréal dénonce la façon dont a été choisie l'agence de sécurité Bureau canadien d'investigations et d'ajustements (BCIA) pour assurer la surveillance du quartier général du Service de police de Montréal (SPVM).
L'agence de sécurité du Bureau canadien d'investigations et d'ajustements (BCIA) assure la surveillance du quartier général du Service de police de Montréal sans contrat officiel.
BCIA assure la sécurité du quartier général et d'autres locaux de la police depuis quatre ans.
Selon le vérificateur général Jacques Bergeron, et contrairement à ce que prétendait le directeur de police Yvan Delorme, il semble que le contrat octroyé à BCIA pour surveiller le quartier général du SPVM a été obtenu sans vrai contrat.
Il n'y aurait pas de papiers ou de documents officiels faisant foi que l'entreprise a bel et bien un lien avec le service de police et la Ville de Montréal
Il semble également qu'on n'ait pas fait d'enquête de vérification sur les agents de sécurité qui ont été postés à l'intérieur même du quartier général de la police.
Avec une entente verbale, BCIA a donc hérité du contrat d'une autre agence en 2006. Puis, en avril 2009, la Ville aurait lancé un appel d'offres pour surveiller les locaux du SPVM. Quatre mois plus tard, le conseil d'agglomération choisissait l'agence Cartier, plus bas soumissionnaire. Mais au cours de l'automne, Cartier s'est placée sous la protection de la loi sur la faillite.
Le SPVM aurait alors décidé de continuer à faire affaire avec l'agence BCIA, deuxième soumissionnaire. Or, selon le parti d'opposition, Vision Montréal, cette décision aurait dû être prise pendant une assemblée du conseil d'agglomération.
Suite au rapport du vérificateur général de la Ville de Montréal, le chef de Projet Montréal, Richard Bergeron, a dit s'inquiéter de cette histoire. « Le journal La Presse nous a appris que le patron de BCIA, Luigi Coretti, a invité Yvan Delorme dans un chic restaurant italien à deux reprises avant que M. Delorme soit nommé chef du SPVM. Par la suite, une douzaine de policiers du SPVM ont été embauchés chez BCIA », a-t-il commenté.
Le maire d'Hochelaga-Maisonneuve, Réal Ménard, critique également cette façon de faire. « Ce qui est le plus troublant, c'est comment un chef de police, qui gère un service de 600 millions de dollars, près de 5000 employés, peut-il se présenter devant des élus et nous dire finalement qu'il y a un contrat qu'il y a eu un processus d'habilitation sécuritaire.
« Vous savez que quand on surveille le poste de police, c'est vraiment très très stratégique parce qu'on a accès à des dossiers d'écoute électronique, parce qu'on a accès à de l'information nominative protégée », souligne-t-il.
Rappelons que le patron de BCIA, Luigi Coretti, est soupçonné d'avoir utilisé des prête-noms pour contribuer à la caisse électorale de l'ancien ministre libéral Tony Tomassi. Le premier ministre Jean Charest a congédié le ministre de la Famille il y a 10 jours, après que les médias eurent révélé que ce dernier avait utilisé à des fins personnelles une carte de crédit appartenant à BCIA.