Un deuxième avion percute le World Trade Center.
La tenue d'une conférence organisée par World for 911 truth à l'UQAM divise les enseignants. Certains affirment que l'université ne devrait pas associer son nom à cette initiative, d'autres défendent le droit à la liberté d'expression.
Le 3 mai, la salle Marie-Gérin-Lajoie de l'UQAM accueille la Conférence sur les attentats du 11 septembre, organisée par World for 911 truth. Les principaux intervenants sont Richard Gage, membre de l'American Institute of Architects (AIA), et le Dr David Ray Griffin, professeur de théologie à la retraite.
Le cheval de bataille des deux hommes est le suivant : réclamer la tenue d'une enquête indépendante sur l'effondrement des tours jumelles et de la tour numéro 7 du World Trade Center. Jusque-là, rien de bien sulfureux. Mais l'organisation traîne aussi une réputation de « conspirationniste ».
Parmi les théories avancées par World for 911 truth pour expliquer l'effondrement de la tour 7, figure en effet la possibilité de la participation du gouvernement américain.
On joue toujours beaucoup sur les mots dans ce genre de débat et, si Washington n'est pas ouvertement accusé d'être responsable de la destruction des tours, son implication est clairement suggérée.
L'argumentaire exposé sur le site web de l'organisation, dans sa section consacrée à la tour 7, contient par exemple un certain nombre d'insinuations, figures par opposition et autres procédés rhétoriques qui vont dans ce sens.
Émoi à l'UQAM
C'est la raison pour laquelle l'organisation de cette conférence a provoqué l'émoi de certains professeurs de l'UQAM. Même si l'université ne fait que louer ses locaux, ils regrettent que le nom de l'institution montréalaise se retrouve associé à cet évènement et, d'une certaine façon, lui fasse de la publicité.
Dans l'édition de vendredi de La Presse, Julien Tourreille, chercheur à l'Observatoire des États-Unis à la Chaire Raoul-Dandurand, qualifie les intervenants qui doivent prendre la parole le 3 mai de « menteurs, imposteurs et escrocs » et leur reproche d'être « intellectuellement malhonnêtes ».
« Je trouve dommage de voir accolé le nom de l'UQAM à un tel mouvement, ça ne sert pas la crédibilité d'une institution de recherche qui essaie, sur la place publique, de démontrer qu'elle emploie des gens sérieux », a-t-il déclaré dans le quotidien.
Même son de cloche du côté de Louis Balthazar, coprésident de l'Observatoire, qui estime dans le journal que « l'UQAM ne devrait pas prêter son nom à cette organisation ».
Selon Jean-François Ranger, l'organisateur de la conférence, leur point de vue ne reflète pas celui de l'ensemble des enseignants de l'université. « Ça se trouve être l'opinion de quelques professeurs qui viennent de l'UQAM, par contre il ne s'agit pas de l'opinion générale de l'UQAM et surtout pas de l'opinion générale des professeurs », a-t-il expliqué sur RDI.
En effet, Donald Cuccioletta, de la Chaire Raoul-Dandurand pour les études stratégiques diplomatiques à l'UQAM, appuie l'organisation de la conférence, au nom de la liberté d'expression. « Moi personnellement je n'y crois pas [à l'implication du gouvernement américain dans l'effondrement des tours], mais je défends l'idée que ces gens ont le droit de faire des conférences », a-t-il expliqué sur RDI.