Les éducateurs des centres jeunesse du Québec vivent au quotidien des situations de violence psychologique et physique dans des proportions alarmantes, selon les résultats d'une étude achevée l'an dernier dans une dizaine d'établissements de la province.
Plus de la moitié des éducateurs des centres jeunesse de la province sont victimes de violence physique. En ce qui a trait à la violence psychologique, cette proportion grimpe à 90 %, selon les résultats d'une étude obtenue par Radio-Canada.
C'est le syndicat des travailleurs du Centre jeunesse de la Montérégie qui a commandé cette étude. Elle a été menée dans l'ensemble du Québec, et 700 éducateurs y ont participé.
Partout le même constat : la violence est omniprésente dans les centres jeunesse.
Au cours des 12 derniers mois, selon les données compilées, plus de la moitié des éducateurs ont été la cible de violence physique directe. Ces actes de violence sont perpétrés plus d'une fois par semaine. En matière de violence psychologique, la situation est plus inquiétante encore : 90 % des éducateurs en subissent à un rythme de quatre fois par semaine.
Geneviève Vigneault, par exemple, est éducatrice depuis 11 ans à l'unité d'encadrement intensif du Centre-Jeunesse des Laurentides. Elle affirme avoir été victime des comportements violents de jeunes de 14 à 17 ans dont elle assure la supervision. Ces jeunes ont eux-mêmes été victimes de maltraitance.
La violence verbale et les menaces sont aussi présentes dans le quotidien de Geneviève Vigneault : « Se faire sacrer après, se faire faire des menaces de mort, je vais trouver où tu habites. Fais attention à ton char. Ça aussi c'est déjà arrivé à plusieurs reprises que j'ai été victime de cela. »
Les relations qu'ont les éducateurs avec les familles sont parfois tendues. Il arrive que les éducateurs doivent témoigner en cour et leur témoignage ne plaît pas toujours aux parents... Ces événements causent stress et anxiété chez les éducateurs.
Le vice-président du syndicat des travailleurs des centres jeunesse de la Montérégie, Jean-François Landry, soutient que toute cette violence laisse des séquelles : « C'est la récurrence des situations qui fait qu'à un moment donné, la personne n'est plus en mesure d'être adéquate, tant dans sa vie personnelle qu'au travail. Alors habituellement ces gens-là partent en absence maladie », affirme Jean-François Landry.
Le phénomène préoccupe les directions d'établissements
Benoît Ladouceur précise que la plupart des événements violents n'entraînent pas d'absences pour maladie. Néanmoins, ces événements sont préoccupants, selon lui.