L'Alliance des professeurs de Montréal manifeste à divers endroits à Montréal
L'Alliance des professeurs de Montréal tiendra mardi une assemblée générale durant laquelle elle soumettra ses 8000 membres à un vote de grève. Le contrat de travail des membres de l'Alliance vient à échéance le 31 mars.
L'Alliance des professeurs de Montréal convoque ses membres en assemblée générale au palais des congrès de Montréal, mardi. Les 8000 membres de l'Alliance seront appelés à se prononcer sur un vote de grève.
L'Alliance des professeurs de Montréal représente 10 % des enseignants au Québec.
Le contrat de travail des professeurs membres de l'Alliance vient à échéance le 31 mars. La semaine dernière, la Fédération autonome de l'enseignement (FAE) a demandé qu'un médiateur soit nommé dans le dossier.
Comme le processus de médiation doit s'échelonner sur une période de soixante jours et qu'il n'est pas encore amorcé, aucun arrêt de travail ne peut être envisagé avant le mois de juin.
Selon Armand Dubois de la Fédération autonome de l'enseignement, la FAE, la nomination du médiateur est imminente : « Nous sommes en attente et on comprend mal qu'après une semaine, le médiateur ne soit pas encore nommé ».
En ce qui a trait au vote de grève, Yves Parenteau affirme que l'Alliance des professeurs de Montréal ouvre le bal mardi, et que les enseignants d'autres régions du Québec pourraient suivre.
De fait, d'autres enseignants syndiqués tiennent leur assemblée générale cette semaine. C'est le cas du Syndicat de l'enseignement de la région de Laval, du Syndicat des enseignants du secondaire des Basses-Laurentides, du Syndicat de l'enseignement de l'ouest de Montréal, du Syndicat de l'enseignement de la Pointe-de-l'Île...
Pour Armand Dubois de la FAE, tous ces syndiqués se prononceront sur la nécessité d'adopter ou pas « des moyens de pression plus lourds qui pourraient aller jusqu'au vote de grève ».
Des manifestations pour sensibiliser la population
Tôt lundi matin, les enseignants ont manifesté pour faire part de leur mécontentement quant au déroulement de leurs négociations avec le gouvernement de Jean Charest.
À Montréal, par exemple, les enseignants se sont postés aux abords des ponts Jacques-Cartier, Victoria, Le Gardeur et Mercier. À Laval et dans les Laurentides, ils se sont massés le long des autoroutes 640 et 15. D'autres manifestations se sont déroulées en Estrie.
Mercredi, les profs prendront d'assaut le métro.
Les professeurs montréalais distribueront des feuillets d'information sur leur situation dans le métro de Montréal de même que dans les gares de trains de banlieue. « On arrêtera à 8h, car on doit aller enseigner », dit Yves Parenteau.
« Nos profs s'épuisent, nos élèves décrochent. »
En février dernier, une recherche effectuée par l'École nationale d'administration publique (ENAP) auprès du personnel enseignant révélait que les enseignants étaient aux prises avec de la détresse psychologique. Parmi les facteurs nuisant au travail des instituteurs, l'étude de l'ENAP soulignait la charge élevée de travail et les difficultés des enseignants à maintenir la discipline dans les classes.
« Nous n'avons pas de patients à montrer dans les couloirs comme dans le réseau de la santé, mais il y a beaucoup de professeurs éclopés », affirme Armand Dubois de la FAE, qui souligne que 25 % des enseignants songent à quitter leur emploi d'ici cinq ans, selon l'étude de l'ENAP.
Lundi, les enseignants qui manifestaient arboraient diverses formules sur des banderoles, l'une d'elles disant : « Nos profs s'épuisent, nos élèves décrochent ».