Des paroissiens de l'église Saint-Denis, à Montréal, s'interrogent sur les pratiques de l'ancien curé de la paroisse, Jean-Pierre Lê.
L'ancien curé de la paroisse Saint-Denis est montré du doigt pour des pratiques douteuses. Il aurait fraudé ses fidèles, selon des témoignages. Malgré la recommandation d'un enquêteur privé, le diocèse n'a pas transmis le dossier aux policiers.
Selon des témoignages recueillis par Radio-Canada, l'ex-curé aurait encaissé dans son propre compte des chèques qui avaient été libellés au nom de la paroisse.
Les faits remontent à l'automne 2003, au moment où la statue du Sacré-Coeur, devant l'église Saint-Denis, menace de s'écrouler. Peu après, en vue de la restaurer, une fidèle a fait un chèque au nom de la fabrique de la paroisse et l'a remis au curé Jean-Pierre Lê. Mais son chèque n'a jamais été déposé dans le compte de la fabrique.
Intriguée, elle s'est rendue à la banque pour récupérer son chèque et a découvert que le prêtre y a ajouté son nom, avant de le déposer dans son compte personnel.
Cet exemple ne serait pas isolé. À l'époque où Jean-Pierre Lê était curé, de nombreux chèques qui étaient destinés à la paroisse auraient été déposés dans son compte personnel.
Déjà, dans les années 90, un de ses collègues s'interrogeait sur ses sources de revenus. « Les vêtements, c'était ce qui était le plus à la mode. Ce n'était pas des vêtements bon marché [C'était du] Gucci, etc. [...] C'était toujours le problème de savoir d'où venait tout ça », dit Maurice Comeau, prêtre de la paroisse Saint-Sylvain.
L'archevêché a demandé une enquête
André Anctil, le nouveau prêtre de la paroisse Saint-Denis, affirme qu'une enquête a été effectuée à la demande de l'archevêché de Montréal, et que des irrégularités ont été constatées.
À la suite de cette enquête, le diocèse a réclamé à Jean-Pierre Lê une somme de 15 181,31 $ pour des chèques destinés à la paroisse qui auraient été déposés dans son compte personnel. L'archevêché a qualifié d'erreurs administratives les agissements de Jean-Pierre Lê et a laissé tomber la réclamation.
Malgré les recommandations de l'enquêteur, les autorités du diocèse ont refusé de prévenir la police. Elles ont également nommé Jean-Pierre Lê aumônier à l'hôpital Jean-Talon, sans prévenir l'hôpital des allégations visant Jean-Pierre Lê.
Pour le vicaire général du diocèse de Montréal, Jean Fortier, il y a d'autres choses à faire dans l'Église que de faire des procès. Il lance un appel à la prudence et souligne qu'il ne suffit pas qu'il y ait apparence de fraude pour que la personne soit coupable. Il faut démontrer l'intention criminelle, ce qui n'a pas été prouvé, selon lui.
Quant à Jean-Pierre Lê, il a refusé de répondre aux questions de Radio-Canada.
D'après un reportage d'Hugo Lavallée