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Montréal

Hôpital Maisonneuve-Rosemont

Les infirmières lancent un cri du coeur

Mise à jour le mercredi 24 février 2010 à 20 h 50

Les infirmières et infirmiers de l'Hôpital Maisonneuve-Rosemont lancent un cri d'alarme en raison du nombre d'heures supplémentaires qu'ils doivent effectuer.

Samedi, les équipes de soir et de nuit ont refusé de travailler pour protester contre leurs conditions de travail. Mercredi, un infirmier des soins intensifs a vivement déploré la situation dans La Presse. Il a dénoncé les dix heures supplémentaires qu'il a dû faire cette journée-là, qui ont porté sa journée de travail à 18 heures.

Selon Régine Laurent, présidente de la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ), cet exemple est loin d'être isolé.

« Malheureusement, c'est une situation qui n'est pas exceptionnelle. C'est une situation qui perdure depuis des années », dit-elle en entrevue au Réseau de l'information.

Selon elle, l'infirmier qui a déploré le trop nombre d'heures supplémentaires n'a fait que rapporter une situation devenue invivable. « C'est quelqu'un qui s'est fait le porte-parole, et qui l'a fait sur une base personnelle, de son établissement et qui dit à la population : "écoutez-nous, on n'en peut plus », plaide-t-elle.

Mme Laurent accuse les directeurs des hôpitaux d'être en grande partie responsables de la situation en refusant catégoriquement de procéder à des aménagements. Elle dit ainsi que la FIQ a présenté plusieurs projets pour améliorer la gestion et l'aménagement du temps de travail, mais qu'elle s'est butée à une fin de non-recevoir des administrateurs. « Ils n'ont même pas regardé. Ils disent: "c'est nous autres la gestion" [mais] on voit bien que c'est un échec de gestion ».

Selon Mme Laurent, la pénurie d'infirmières ne peut expliquer à elle seule la situation dans les hôpitaux. Elle mentionne que certains hôpitaux, qui ont bien voulu procéder à des aménagements du temps de travail, ne se retrouvent pas avec une situation aussi déplorable qu'à Maisonneuve-Rosemont.

Je pense qu'il y a une volonté politique très claire de laisser les choses se dégrader dans le milieu de santé pour nous dire que le privé est inéluctable.

— Régine Laurent, présidente de la FIQ

Le ministre Bolduc réplique

Le ministre Yves Bolduc

Le ministre Yves Bolduc

Le ministre de la Santé du Québec, Yves Bolduc, a répondu au cri du coeur des infirmières en soutenant qu'elles ont le devoir de faire des heures supplémentaire.

En ce qui concerne la situation à Maisonneuve-Rosemont, le ministre s'en remet à des discussions qui doivent avoir lieu avec les dirigeants de l'hôpital et les leaders syndicaux.

« Moi, je peux comprendre que des gens à un moment donné deviennent un peu épuisés, excepté que ça ne veut pas dire qu'il faut laisser le travail. La première responsabilité est envers nos patients et même dans des situations où nous sommes fatigués, on n'a pas le choix. Je pense qu'il faut s'entendre avec l'établissement pour réussir à minimiser [la situation] », affirme-t-il.

Les propos du ministre de la Santé n'ont pas impressionné Mme Laurent.

« Moi, je ne veux plus entendre les paroles de M. Bolduc. Je ne veux plus les entendre. Il n'y a rien qui nous dit qu'il va passer aux actes. Ça fait des années qu'on entend ces paroles, ministre de la Santé après ministre de la Santé. Ça suffit. Je ne suis pas rassurée », dit-elle.

La direction de l'hôpital Maisonneuve-Rosemont n'a pas réagi à la sortie des infirmières. À l'instar du ministre Bolduc, elle dit simplement qu'elle a demandé une réunion avec le syndicat pour trouver des solutions.

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