Montréal
Enquête sur les policiers
La protectrice du citoyen irrite le syndicat
Mise à jour le vendredi 19 février 2010 à 16 h 35
|
|
Photo: La
Presse Canadienne /Francis Vachon
Une voiture de la Sûreté du Québec (archives)
|
Le syndicat des policiers de la Sûreté du Québec (SQ) s'en prend au rapport spécial de la protectrice du citoyen, qui demande que les enquêtes sur des incidents graves impliquant des policiers soient confiées à un organisme indépendant.
Selon le président de l'Association des policiers provinciaux du Québec (APPQ), Jean-Guy Dagenais, le rapport de Raymonde Saint-Germain est biaisé et va trop loin.
M. Dagenais a aussi attaqué la crédibilité de Mme Saint-Germain, disant que son parcours professionnel démontre qu'elle n'a aucune expérience en matière d'affaires policières.
Selon le président de l'APPQ, tout le battage entourant le dépôt du document illustre les compétences en communication de la protectrice du citoyen et non ses compétences en affaires policières.
Des changements réclamés
Dans son rapport, la protectrice du citoyen dit avoir constaté plusieurs lacunes dans le processus actuel d'enquêtes lorsque des policiers sont impliqués dans des incidents causant des blessures graves ou la mort. Elle a notamment déploré le manque d'indépendance et d'impartialité dans le processus.
Elle a aussi souligné l'absence de réglementation pour encadrer ces enquêtes, où les règles de base des enquêtes criminelles, comme l'interdiction aux témoins de communiquer entre eux avant de livrer leur version, ne sont pas obligatoires. Citant l'affaire Villanueva, elle rappelle notamment que les policiers impliqués dans les événements n'ont pas été isolés alors que les témoins l'ont été, donnant ainsi la possibilité aux policiers de faire concorder leur version des faits.
Au contraire de Mme Saint-Germain, Jean-Guy Dagenais croit que les enquêtes sur des incidents graves impliquant des policiers doivent être confiés à d'autres policiers, comme c'est le cas actuellement.
Il juge que les policiers sont les mieux placés pour évaluer les circonstances des interventions de leurs collègues.
M. Dagenais a tout au plus évoqué la possibilité d'améliorer le processus d'enquête, sans toutefois préciser quel aspect.
Radio-Canada.ca avec Presse canadienne