![]() Enquête Villanueva Un barrage de questionsMise à jour le vendredi 5 février 2010 à 20 h 33
En quatre jours de témoignage au palais de justice de Montréal, le policier Jean-Loup Lapointe a dû revenir dans les moindres détails sur ses faits et gestes relativement à l'intervention qui a entraîné la mort de Fredy Villanueva le 9 août 2008. Et, vendredi, le policier du Service de police de la Ville de Montréal a été d'autant plus l'objet d'un barrage de questions qu'il est maintenant soumis à un contre-interrogatoire. Comment, par exemple, l'agent Lapointe a-t-il pu voir que des jeunes jouaient aux dés, alors qu'il se trouvait à quelque 40 mètres de ces jeunes lorsqu'il est arrivé dans le stationnement attenant au parc Henri-Bourassa? Le policier est persuadé d'avoir affirmé à sa coéquipière, Stéphanie Pilotte, que des jeunes jouaient aux dés. Il est aussi persuadé d'avoir fait part à cette dernière de son intention d'émettre des contraventions à l'encontre de ces jeunes, puisque jouer aux dés avec de l'argent contrevient à un règlement municipal. Il semble toutefois que Jean-Loup Lapointe n'ait pas donné d'instructions précises à la policière Stéphanie Pilotte avant d'interpeller les jeunes, ni durant l'intervention comme telle. Jean-Loup Lapointe estime avoir agi « de la meilleure façon possible ». Il soutient ne pas avoir dérogé aux règles et avoir conservé son calme. Fredy Villanueva, 18 ans, a reçu deux projectiles dans le thorax, en plus d'être touché au poignet. L'agent Lapointe ne se souvient pas que le jeune homme ait reculé après avoir reçu une première balle. Je ne peux pas déterminer le mouvement des corps durant les mises à feu. — Le policier Jean-Loup Lapointe Il n'a pas non plus été capable d'expliquer comment il a pu atteindre dans le dos un autre jeune, Jeffrey Sagor Metelus. « Quand les masses ont cessé d'avancer vers moi, j'ai cessé de tirer », s'est-il défendu. Mais Metelus a déclaré aux policiers, deux jours après le drame, être parti à courir dès qu'il a aperçu le fusil. Un expert a confirmé qu'il était à au moins six pieds de l'arme lorsqu'il a été blessé par balle. Metelus sera appelé à témoigner plus tard durant l'enquête. Une suite de « pourquoi ? »
Et pourquoi le policier a-t-il attendu tout un mois avant d'écrire son rapport sur cette fatidique intervention? À cette question, Jean-Loup Lapointe répond qu'il n'a pas voulu collaborer avec les enquêteurs de la Sûreté du Québec à partir du moment où il a pris conscience qu'il pouvait être considéré comme un suspect dans une potentielle affaire d'homicide. Il explique aussi qu'il a été perturbé par divers incidents, tels que l'émeute qui avait éclaté à Montréal-Nord au lendemain de la mort de Fredy Villanueva. Un vocabulaire prudent Les journalistes présents dans la salle d'audience ont par ailleurs noté que le policier Lapointe ne nomme jamais qui que ce soit dans son témoignage, parlant plutôt « d'individus ». Le policier ne dit pas, non plus qu'il a tiré; il parle de « mises à feu ». Le témoignage de l'agent Lapointe, crucial dans cette enquête publique du coroner André Perreault, a eu pour effet d'accroître la sécurité dans la salle d'audience du palais de justice de Montréal cette semaine. Le policier lui-même est autorisé à porter une arme en tout temps sur lui, parce qu'il craint des représailles. Des manifestants contre la brutalité policière et des proches de la famille Villanueva dénoncent cette situation. Ils considèrent que le policier Lapointe bénéficie de « privilèges » injustifiés. Le contre-interrogatoire de l'agent Lapointe reprendre jeudi prochain. Radio-Canada.ca avec Presse canadienne Console Audio-vidéo
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