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Montréal

Syndicalisme au Québec

Le pavé dans la mare de Pierre Karl Péladeau

Mise à jour le jeudi 21 janvier 2010 à 13 h 00

Pierre Karl Péladeau

Photo: La Presse Canadienne /Paul Chiasson

Pierre Karl Péladeau

Pierre Karl Péladeau s'immisce dans la rencontre en cours à Lévis sur l'avenir économique du Québec, et ce, sans même y faire acte de présence.

Dans une lettre publiée jeudi dans ses quotidiens de Montréal et de Québec, le grand patron de Quebecor affirme que le poids des syndicats au Québec défavorise les entreprises dans le contexte économique mondial.

Dans sa lettre, intitulée « Et si nous nous posions d'autres questions pour l'avenir du Québec », Pierre Karl Péladeau dénonce le « déséquilibre » qui existerait entre employeurs et syndicats, un déséquilibre qui est le fruit, selon lui, des législations des dernières décennies.

Selon M. Péladeau, ce déséquilibre défavorise les entreprises et les jeunes entrepreneurs et empêche le Québec d'accroître sa productivité.

Le PDG de Quebecor préconise également la liberté d'adhésion syndicale, comme on la pratique en France.

Discussions de couloir

Cette sortie alimente les discussions de couloirs entre les participants de la rencontre économique de Lévis.

Le premier ministre Jean Charest réagit aux propos de Pierre Karl Péladeau, en marge de la rencontre économique qui se tient à Lévis

Le premier ministre Jean Charest réagit aux propos de Pierre Karl Péladeau, en marge de la rencontre économique qui se tient à Lévis

Le premier ministre Jean Charest s'est prudemment distancié des propos de Pierre Karl Péladeau en insistant sur le fait qu'au Québec, « les relations de travail sont somme toute bonnes ».

« Je prends à témoin les relations de travail que nous avons, nous, au gouvernement du Québec avec nos partenaires syndicaux, qui sont bonnes », a expliqué Jean Charest.

Les chefs des centrales syndicales du Québec ont bondi.

C'est l'empereur, je le salue mais je ne m'incline pas.

— Réjean Parent, président de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ)

« Je pense que M. Péladeau est préoccupé par le cash, et non les relations humaines. Vous savez, diriger une entreprise, c'est des relations humaines tous les jours, et lui, il semble que ça le fatigue », a déclaré Michel Arsenault, président de la Fédération des travailleurs du Québec (FTQ).

« Rêver d'une société où le droit d'association n'existe pas, c'est un peu rétrograde », a affirmé pour sa part Claudette Carbonneau, présidente de la Confédération des syndicats nationaux (CSN).

Un problème d'affaires spécifique...

Pour Jacques Ménard, président de BMO Nesbitt Burns Groupe financier au Québec, il faut mettre les dires de Pierre Karl Péladeau en contexte.

« Il faut comprendre que Pierre Karl Péladeau est aux prises avec un problème d'affaires spécifique qui est le sien. Il est possible qu'à cause de ça il extrapole... Je ne sais pas si ses dires ont excédé sa pensée, mais ça fait peut-être partie, dans son cas, d'une stratégie qui m'échappe », a déclaré Jacques Ménard.

Rappelons que c'est l'impasse dans le conflit de travail qui oppose la direction de Quebecor au Syndicat des travailleurs de l'information du Journal de Montréal (STIJM). Ces employés sont en lock-out depuis le 24 janvier 2009.

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