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Montréal

Journal de Montréal

Une manifestation qui perturbe la livraison

Mise à jour le mardi 15 décembre 2009 à 8 h 58

Une centaine de syndiqués du Journal de Montréal ont manifesté bruyamment dans la nuit de lundi à mardi devant l'imprimerie du quotidien à Mirabel, au nord de Montréal.

Leur présence massive a perturbé pendant plusieurs heures les allées et venues des camions de livraison. La livraison du Journal de Montréal et du quotidien Le Devoir, qui est imprimé lui aussi à Mirabel, est d'ailleurs retardée ce matin.

La direction déclare qu'en bloquant l'accès à l'imprimerie, les protestataires ont gardé sur le terrain de la bâtisse les camions de livraison des deux journaux quotidiens payants ainsi que du journal gratuit 24h. Des cadres et des employés de l'imprimerie n'ont pu entrer au travail.

Manifestation nocturne

Manifestation nocturne des employés en lock-out qui se sentent oubliés

Quebecor Media, qui possède le Journal de Montréal, a mis en lock-out ses 253 employés de bureau, de la rédaction et de la comptabilité le 24 janvier dernier.

Il s'agit du premier conflit de travail en 40 ans au quotidien de la rue Frontenac, soit depuis la création du syndicat. À la fin janvier, les journalistes en lock-out ont lancé le site RueFrontenac.com, où ils continuent à publier des articles de nouvelles, des billets et des chroniques.

En octobre, les employés avaient proposé un nouveau cadre de discussions à leur employeur.

Mais pour Raynald Leblanc, président du Syndicat des travailleurs de l'information du Journal de Montréal (STIJM), la position de l'employeur s'est notablement durcie depuis le début du conflit, et même que de nouvelles réductions de personnel étaient dans les cartes parmi le personnel journalistique.

L'employeur, dit Raynald Leblanc, ne laisse pas aux travailleurs d'autres possibilités que celle de manifester. Il prévoit d'ailleurs d'autres mouvements de ce genre, afin que le public et les pouvoirs publics n'oublient pas les travailleurs sur le trottoir.

De son côté, une porte-parole du Journal a déclaré à Radio-Canada que c'est le syndicat qui ne montre aucun signe de souplesse dans le conflit.

Les enjeux du conflit

Les demandes initiales de Quebecor portent sur 233 points et permettraient à l'employeur d'utiliser les textes du 24 heures, du magazine 7 jours, du site Internet Canoë, du Journal de Montréal et du Journal de Québec dans tout le réseau d'édition. Une telle pratique réduirait le nombre de journalistes requis pour la production.

L'employeur souhaite également augmenter le nombre d'heures de travail de 30 à 37,5 heures par semaine, sans rémunération additionnelle, et supprimer la semaine de quatre jours pour tout nouvel employé.

Quebecor réclame aussi la possibilité d'utiliser la sous-traitance pour les employés de bureau et les petites annonces. Une telle mesure entraînerait 87 licenciements à court terme. Le Journal de Montréal n'est pourtant pas en mauvaise posture financière, invoque le syndicat. Ce dernier estime que l'entreprise a dégagé des profits de quelque 50 millions de dollars en 2008, pour un chiffre d'affaires de 200 millions.

Du point de vue du syndicat, Quebecor veut aussi éliminer le service de la comptabilité, réduire les salaires de 25 % pour le personnel des petites annonces et diminuer de 20 % les avantages sociaux pour l'ensemble des travailleurs.

Rappelons que le lock-out décrété au Journal de Québec, également propriété de Quebecor, a duré 14 mois. Il a pris fin à l'été 2008.

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