Plusieurs aspects devront être revus

  |  Radio-Canada avec La Presse
Échangeur Turcot à Montréal Échangeur Turcot à Montréal

Le rapport du Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE) sur le projet de reconstruction de l'échangeur Turcot a été rendu public mardi, à la demande la ministre de l'Environnement, Line Beauchamp.

Dans un rapport rendu public mardi, le BAPE estime que le projet de 1,6 milliard de dollars, dirigé par le ministère des Transports, doit être modifié, notamment pour limiter les impacts sur la qualité de vie des habitants des quartiers touchés.

Selon le BAPE, « des modifications substantielles » doivent être apportées au projet, afin qu'il concilie « les enjeux de développement durable [...] dont principalement la protection de la santé, l'amélioration de la qualité de vie, l'équité et la solidarité sociales ».

Le projet, piloté par le ministère des Transports, propose notamment la démolition de 166 logements, l'achat par Québec de 34 immeubles commerciaux et industriels et la fermeture d'une école. La commission d'enquête est contre ces acquisitions. Elle recommande de revoir le réaménagement, en partenariat avec les Villes de Montréal et de Westmount, pour éviter une telle situation.

Toutefois, si ces acquisitions sont inévitables, les personnes touchées devront être indemnisées de façon adéquate.

La question du transport en commun est également soulevée par la commission d'enquête. L'intégration d'une voie réservée au transport en commun par Transports Québec devrait constituer l'amorce d'un réseau de voies réservées sur le système autoroutier de la région de Montréal, selon le BAPE.

L'organisme suggère également au ministère des Transports de profiter de la reconstruction de l'échangeur pour actualiser son plan de gestion des déplacements de la région métropolitaine. La mise à jour devrait cependant être soumise à une consultation publique.

Enfin, le rapport suggère de ceinturer d'un corridor boisé la portion de l'autoroute qui traversera l'ancienne gare de triage Turcot, un immense terrain vague à l'ouest de l'échangeur principal du complexe autoroutier.

Plusieurs réactions

Mercredi, les élus municipaux de Montréal ont demandé au gouvernement du Québec de revoir le projet de l'échangeur Turcot. Le maire Gérald Tremblay s'est entretenu de l'avenir du projet avec la ministre des Transports, Julie Boulet, et une rencontre devrait avoir lieu prochainement.

Dans un communiqué, la ministre Boulet a soutenu qu'elle prendra le temps d'étudier le rapport, qui confirme la nécessité de reconstruire l'échangeur.

Mme Boulet indique que le gouvernement travaille déjà à l'intégration d'éléments clés du rapport et qu'il poursuivra la bonification du projet.

« Le rapport du BAPE comporte certainement des avis intéressants formulés à la lumière des préoccupations exprimées lors de l'audience publique. Un exercice rigoureux sera effectué au cours des prochaines semaines par le ministère des Transports afin d'analyser ce rapport et de répondre aux préoccupations soulevées. Une chose est certaine: tous s'entendent pour dire que la reconstruction du complexe Turcot est nécessaire et que nous devons aller de l'avant », a-t-elle expliqué.

La ministre Boulet s'attend par ailleurs à ce que les modifications au projet du complexe Turcot fassent bondir les coûts du projet.

De son côté, le Conseil régional de l'environnement (CRE) de Montréal estime que le BAPE a accouché d'un rapport mi-figue, mi-raisin. « C'est un rapport qui ferme la porte à une augmentation de la capacité routière », s'est réjoui André Porlier, directeur général du CRE, la principale coalition de groupes environnementaux de la métropole.

M. Porlier ajoute toutefois que le conseil « aurait souhaité que le BAPE aille plus loin, avec des mesures comme la Ville de Montréal et la Direction de la Santé publique le suggéraient, à savoir une réduction de la capacité automobile ».

Sur cette question, le BAPE recommande que la reconstruction conserve la capacité actuelle du complexe, évaluée à 290 000 véhicules par jour.

Pour connaître toutes les recommandations, vous pouvez lire le rapport de 273 pages sur le site du BAPE.

Avec la collaboration de Jean-Hugues Roy