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Montréal

Grippe A (H1N1)

Des médecins mécontents

Mise à jour le vendredi 6 novembre 2009 à 11 h 25

Des médecins montréalais critiquent la campagne de vaccination contre la grippe A (H1N1). Ils estiment que le modus operandi privilégié par les autorités québécoises de la santé publique dessert mal certaines clientèles à risque et que les hôpitaux auraient dû être mis à contribution.

À l'heure de la vaccination

Photo: La Presse Canadienne /PC

Le Dr Karl Weiss, microbiologiste à l'hôpital Maisonneuve-Rosemont, affirme par exemple que la campagne a été trop tardive et qu'elle n'atteint pas ses objectifs. Alors que la deuxième phase de la grippe déferle et que 500 nouveaux cas sont confirmés par jour au Québec, dit-il, la campagne de vaccination progresse trop lentement pour être efficace.

Selon lui, la campagne aurait été plus efficace si les autorités québécoises avaient choisi de recourir aux canaux traditionnels plutôt que de privilégier la vaccination dans des sites de masse. « Ça aurait dû être fait comme ça. Moi, je pense qu'on aurait dû nous donner les doses comme habituellement », soutient-il.

L'un des problèmes de la campagne actuelle est qu'une grande partie des malades traités à l'externe, comme les greffés, les dialysés et les immunosupprimés, est mal desservie.

Selon le Dr Weiss, les hôpitaux vaccinent certains malades cancéreux ou en hémodialyse, mais on aurait dû leur confier un mandat beaucoup plus large. « Si tous les hôpitaux du Québec avaient fait ça au sein de leurs établissements, probablement qu'on aurait déjà touché une grande partie de cette clientèle vulnérable », dit le microbiologiste.

La Dre Caroline Quash, microbiologiste à l'hôpital de Montréal pour enfants, s'inquiète elle aussi de la vaccination des grands malades. Si elle se réjouit que son hôpital a réussi à obtenir des doses pour ses grands malades traités à l'externe elle s'inquiète du sort des grands malades dans les hôpitaux pour adultes.

« Ces gens-là ne semblent pas avoir accès à une vaccination sur place à l'hôpital et sont dirigés vers les centres de vaccination de masse et seront donc obligés de faire la file avec les autres », soutient la Dre Quash.

Le Dr Weiss dit qu'il ne veut pas chercher de coupable, mais le Québec a reçu plus d'un million de vaccins, observe-t-il, et les travailleurs de la santé et les grands malades constituent un groupe d'environ 850 000 personnes. En théorie, dit-il, on avait assez de vaccins pour les immuniser tous.

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