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Montréal

Grippe A (H1N1)

La vaccination est lancée à Montréal

Mise à jour le mercredi 28 octobre 2009 à 21 h 59

David Levine, président-directeur général de l'Agence de la santé et des services sociaux de Montréal

David Levine, président-directeur général de l'Agence de la santé et des services sociaux de Montréal

Le président-directeur général de l'Agence de la santé et des services sociaux de Montréal, David Levine, affirme que 86 000 vaccins auront été distribués, mercredi, dans 56 centres de l'île de Montréal.

Ces vaccins sont destinés en priorité aux personnes à risque, c'est-à-dire celles qui pourraient souffrir de complications après avoir contracté la grippe. Nombre de ces personnes à risque sont hospitalisées.

Le personnel soignant est également vacciné en priorité. Ensuite, ce seront les femmes enceintes et les malades chroniques qui seront appelés à recevoir le vaccin.

À ce jour, le centre hospitalier de l'Université de Montréal (CHUM) dispose de trois sites et le Centre universitaire de santé McGill, de quatre sites. David Levine affirme que plus de sites seront ouverts, si c'est possible.

David Levine ajoute que 17 centres publics de vaccination « de masse » sont ouverts.

Les personnes en santé devraient pouvoir recevoir le vaccin au début du mois de décembre.

Les écoliers sont touchés

Nul doute que la pandémie de grippe H1N1 gagne du terrain à Montréal. Le Québec compte 400 nouveaux cas depuis une semaine, alors qu'il n'y en avait que 70 il y a deux semaines. Le nombre de cas confirmés augmente de jour en jour, les appels au service Info-santé sont en pleine « explosion » et le nombre de tests effectués en laboratoire s'accroît. Tous ces indicateurs permettent au Dr Lessard de dire « que nous sommes dans la deuxième vague de la pandémie de grippe ».

Et les enfants ne sont pas épargnés.

La semaine passée, on dénombrait huit écoles qui étaient frappées par l'éclosion de grippe. Puis, mardi dernier, ce nombre a doublé.

Dans seize écoles donc, des enfants manifestent les signes « d'un syndrome d'allure grippale » a déclaré le docteur Richard Lessard, directeur de la Santé publique de Montréal. Pour qu'on puisse parler d'éclosion, il faut que 10 % de la clientèle d'une école souffre de toux, de maux de gorge et de fièvre.

Les autorités médicales redoutent une prolifération des cas.

L'opinion publique est d'autant plus alarmée que la grippe H1N1 a foudroyé deux enfants de 10 et 13 ans en Ontario cette semaine. Au total, la grippe a fauché trois adolescents ontariens en deux semaines.

Malgré tout, il n'est pas dans les plans, pour le moment, d'inoculer les enfants en priorité. Toutefois, le Dr Lessard affirme qu'il pourrait réévaluer cet ordre de priorité si la situation se détériorait. Cependant, rappelle le Dr Lessard, les autorités doivent aussi tenir compte du nombre de vaccins disponibles.

Une opération d'envergure

Au total, jusqu'ici, ce sont 200 000 doses de vaccins qu'ont reçues les autorités publiques de la santé. Mais pas question de toutes les distribuer d'un seul coup. C'est que le vaccin est sensible à la lumière. De plus, il doit être réfrigéré jusqu'à son utilisation. De telles exigences nécessitent d'en échelonner soigneusement la distribution, a expliqué David Levine.

Étant donné que les autorités médicales doivent respecter un certain nombre de paramètres pour conserver l'efficacité du vaccin, une formation est prodiguée aux infirmières qui l'administreront. À Montréal, dans la seule journée de mercredi, 280 infirmières ont reçu les instructions nécessaires à la bonne marche de la campagne de vaccination.

Les recommandations pour manipuler les fioles de vaccins sont nombreuses. Il faut par exemple utiliser le vaccin dans les 24 heures suivant l'ouverture de la fiole. Ladite fiole contient dix doses de vaccins. Et une fois que le produit est dans la seringue, il faut l'utiliser dans l'heure qui suit.

« À Montréal, c'est compliqué. »

David Levine refuse de parler de « retard » dans le lancement de la campagne de vaccination. Car, pas plus tard que lundi soir dernier, les autorités sanitaires recevaient encore des informations essentielles pour manipuler efficacement le vaccin et lui conserver son efficacité.

On est maintenant capable de livrer rapidement le vaccin, selon les besoins des établissements.

— David Levine

David Levine affirme que cet exercice de vaccination de grande envergure est assuré par des équipes qui sont en poste pratiquement 24 heures sur 24. « La première vague de vaccination vise 100 000 personnes qui sont dispersées sur l'île de Montréal. À Montréal, c'est compliqué, car il y a beaucoup de monde à vacciner », souligne David Levine.

Pour véritablement freiner la pandémie, il faut que 75 à 80 % de la population se fasse vacciner. « Je suis convaincu que nous atteindrons nos objectifs pour maîtriser ce virus, affirme David Levine, mais c'est important que la population soit prête. »

Afin de bien informer les gens, la Direction de la santé publique de Montréal distribuera la semaine prochaine, dans chaque foyer, un dépliant informatif. Un million de ces dépliants seront ainsi envoyés, en français et en anglais.

David Levine s'engage de plus à informer chaque semaine la population du déroulement de la campagne de vaccination. « J'espère ne pas avoir à annoncer le nombre de personnes décédées », dit David Levine.

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