Des milliers d'agriculteurs manifestent mercredi devant les bureaux du premier ministre Jean Charest, au centre-ville de Montréal. Leur but: dénoncer l'Accord de commerce intérieur (ACI) que le Québec prévoit entériner cette semaine à Whitehorse, au Yukon.
Des milliers de producteurs agricoles manifestent devant les bureaux du premier ministre Jean Charest à Montréal pour dénoncer l'Accord de commerce intérieur que s'apprêtent à entériner les provinces, les territoires et le fédéral.
La semaine dernière, les producteurs agricoles avaient manifesté dans diverses régions de la province afin de faire entendre leur mécontentement à l'égard de cet accord.
L'Accord sur le commerce intérieur permettra la libre circulation des produits agroalimentaires au pays. Jeudi, à Whitehorse, les ministres responsables du commerce pour les provinces, les territoires et le gouvernement fédéral poursuivront les discussions à ce sujet entamées cet été lors du Conseil de la fédération, qui s'était tenu à Regina.
Christian Lacasse, président général de l'UPA
Lors de ces discussions, les premiers ministres provinciaux, territoriaux et fédéral avaient convenu d'ajouter un nouveau chapitre à l'ACI, chapitre qui « empêchera le recours à des mesures déraisonnables risquant de nuire à la libre circulation des produits agricoles à travers le Canada », comme le formulait un communiqué publié au terme du Conseil de la fédération.
Or, les agriculteurs du Québec sont persuadés que cet ajout à l'ACI leur nuira, car il aura pour effet d'anéantir les mesures qui font la spécificité des produits québécois: les règles d'étiquetage, les normes de composition des aliments, la mise en marché collective et ordonnée ainsi que la gestion de l'offre.
Selon les producteurs agricoles québécois, toute province, voire toute entreprise, pourra, en vertu de l'accord amendé, contester une mesure qui contrevient selon elle au commerce interprovincial.
Les agriculteurs sont d'autant plus furieux que, l'an dernier, le gouvernement québécois et celui de l'Ontario avaient rejeté ces mêmes dispositions. Les agriculteurs québécois s'expliquent mal la volte-face du gouvernement Charest dans ce dossier.