Le versement de ristournes serait courant

L'Hôpital Cité de la Santé, à Laval L'Hôpital Cité de la Santé de Laval

Le cas de l'ex-directeur du département de chirurgie de la Cité de la Santé, à Laval, le Dr Chérif Tadros, reconnu coupable plus tôt cette semaine d'avoir empoché des ristournes sur des prothèses, est un exemple d'utilisation de ces fonds à des fins personnelles, mais il n'est pas rare que les compagnies privées versent des ristournes aux hôpitaux qui achètent leurs produits, selon deux sources reliées au milieu de la santé.

Le versement de ristournes par des compagnies privées à des hôpitaux serait habituel. À la Cité de la Santé de Laval, par exemple, les entreprises doivent même indiquer les ristournes dans leurs soumissions.

À la Cité de la Santé, les entreprises doivent d'ailleurs maintenant indiquer les ristournes dans leurs soumissions. Mathieu Vachon, porte-parole de l'institution, en parle comme des « valeurs ajoutées », qui sont selon lui « pratique courante ». Le problème, croit-il, c'est de ne pas les déclarer ou de ne pas les déclarer de la bonne façon. M. Vachon indique que les entreprises s'engagent à verser les chèques à l'hôpital, qui, lui, s'occupe de gérer les sommes reçues.

Jacques Desnoyers, président de l'Association des chirurgiens orthopédistes, estime pour sa part que ce sont « encore des choses qui se font, mais de moins en moins ». Lui-même reçoit des ristournes, qu'il remet à l'hôpital pour des fins de recherche.

Retour sur le cas Tadros

Cette semaine, le Collège des médecins a déclaré le chirurgien orthopédiste Chérif Tadros coupable de s'être approprié plus de 300 000 $ en ristournes sur les prothèses achetées par la Cité de la Santé. De 2001 à 2006, M. Tadros a reçu des ristournes de 5 % sur chaque prothèse de genou ou de hanche vendue par la compagnie Johnson & Johnson et payée par l'hôpital. Cette pratique est interdite par le code de déontologie des médecins.

L'argent reçu était versé dans le compte d'une fondation qui n'existait pas, la Fondation de l'orthopédie de Laval. Le chirurgien Tadros a utilisé les sommes selon son bon vouloir et en a parfois fait profiter ses collègues.