Nouvelle proposition syndicale

L'édifice du Journal de Montréal. L'édifice du Journal de Montréal.   © PC/Peter McCabe

Les 253 employés du Journal de Montréal, en lock-out depuis le 24 janvier, proposent un nouveau cadre de discussions à leur employeur, Quebecor Media.

Réunis en assemblée générale, les 253 employés en lock-out du quotidien montréalais approuvent un nouveau cadre de discussions qui constitue « une ouverture importante à l'égard des préoccupations patronales ».

Une proposition en ce sens a été adoptée dans une forte proportion, à 97,8 %, mercredi, lors d'une assemblée générale du Syndicat des travailleurs de l'information du Journal de Montréal (STIJM).

Le STIJM compte rencontrer le conciliateur au dossier, Pierre-Marc Bédard, pour lui transmettre cette nouvelle proposition, destinée à reprendre les négociations, actuellement au point mort. « Ce conflit dure depuis déjà trop longtemps », indique le président du STIJM, Raynald Leblanc.

Selon M. Leblanc, le nouveau cadre de discussions « constitue une ouverture importante à l'égard des préoccupations patronales. » Il concerne, dit le chef syndical, « les horaires de travail, la question du multiplateforme et du multitâche, le régime complémentaire de retraite ainsi que la réduction des effectifs ».

« La décision de notre assemblée générale est une autre démonstration que nous sommes disposés à discuter en tout temps pour mettre fin au conflit de travail et reprendre notre travail », a déclaré Raynald Leblanc. Le syndicat annonce en outre que les syndiqués ont unanimement réitéré leur appui au comité de négociations.

La vice-présidente aux affaires publiques de Quebecor Media, Isabelle Dessureault, a fait savoir que l'employeur n'émettrait pas de commentaires avant d'avoir pris connaissance de la teneur de cette proposition. Elle ajoute cependant que la direction du Journal de Montréal rencontrera le conciliateur si celui-ci la convoque.

La position syndicale

Selon le syndicat, Quebecor Media réclame le licenciement d'environ 75 employés du journal, des diminutions de salaire de 25 % pour le personnel des petites annonces, une augmentation de 25 % de la semaine de travail sans rémunération supplémentaire (la semaine de travail passerait de 30 à 37,5 heures), une réduction de 20 % des avantages sociaux pour l'ensemble des travailleurs et des conditions de travail inférieures pour les nouveaux employés.

Depuis le début du conflit, le syndicat refuse en outre que les textes d'autres publications de Québecor Media - ceux du quotidien gratuit 24 heures, du magazine 7 jours, du site Internet Canoë, du Journal de Montréal et du Journal de Québec - circulent librement dans tout le réseau. Cette pratique entraînerait une diminution du nombre de journalistes.

Le syndicat argue depuis le début du conflit que Journal de Montréal n'est pas en mauvaise posture financière. Le STIJM soutient estime que l'entreprise a dégagé des profits de quelque 50 millions de dollars en 2008, avec un chiffre d'affaires de 200 millions.

La position patronale

Dans une lettre aux lecteurs du Journal de Montréal publiée le 26 janvier dernier, le président et chef de la direction de Quebecor Média, Pierre-Karl Péladeau, a justifié le lock-out, le premier conflit de travail que vit le Journal depuis sa fondation, en 1964, en invoquant « la crise mondiale que traverse la presse écrite », qui se solde par une importante baisse des revenus. Le journal, a-t-il affirmé, doit s'adapter aux nouvelles technologies.

Au début du conflit, la présidente et éditrice du Journal de Montréal, Lyne Robitaille, a écrit dans le journal que le syndicat a choisi de livrer bataille « pour sauvegarder des privilèges qui ont été accordés dans un monde qui n'existe plus ». Le Journal, écrivait-elle, ne peut plus fonctionner avec le même nombre d'employés, « aux mêmes conditions qu'il y a 10 ou 20 ans ».

« Face à une réduction importante de nos revenus, il n'est plus possible de payer six semaines de vacances à nos employés à une fois et demie leur salaire de base. Face à des nouveaux médias qui se distinguent par leur agilité et leur souplesse, il n'est plus possible d'entretenir des descriptions de tâches rigides et désuètes », écrivait Mme Robitaille.

Depuis le début du conflit, le Journal de Montréal poursuit sa publication grâce au travail des cadres. Les syndiqués ont pour leur part lancé un site Internet, ruefrontenac.com.