Vincent Lacroix à son arrivée au palais de justice, le 14 septembre dernier.
©
PC/Paul Chiasson
Coup de théâtre au palais de justice de Montréal: Vincent Lacroix a plaidé coupable aux accusations criminelles portées contre lui.
L'ancien PDG de Norbourg crée la surprise en plaidant coupable aux accusations criminelles portées contre lui. Le juge ordonne son incarcération immédiate.
Vincent Lacroix s'est présenté lundi vêtu d'un cardigan rayé plutôt que d'un complet. Le juge lui a demandé s'il enregistrait bien un « plaidoyer de culpabilité plutôt que de non-culpabilité ». Vincent Lacroix a répondu oui.
Le juge est revenu à la charge en demandant à Vincent Lacroix s'il comprenait bien qu'en plaidant coupable, il reconnaissait que la preuve déposée contre lui pour chacun des chefs d'accusation était valide. De nouveau, Vincent Lacroix a répondu oui.
Le juge a ordonné l'incarcération immédiate de l'ancien PDG de Norbourg. Les recommandations sur la peine devraient avoir lieu vendredi.
D'ici là, la sélection des jurés se poursuivra pour les procès des cinq coaccusés de Vincent Lacroix.
« Il a toujours collaboré », dit son avocate.
L'avocate de Vincent Lacroix, Me Marie-Hélène Giroux, a affirmé dans un point de presse que son client « avait toujours eu l'intention de plaider coupable ». L'avocate a expliqué que Vincent Lacroix s'était battu pour avoir une « peine légale », mais qu'après avoir perdu en appel, il avait maintenant décidé « de tourner la page et de poursuivre sa vie ».
La Commission nationale des libérations conditionnelles avait jugé vendredi dernier que M. Lacroix était admissible à une libération conditionnelle totale le 27 septembre prochain.
9200 petits investisseurs floués
Me Giroux, l'avocate de Vincent Lacroix, a clairement dit qu'il n'était pas question que son client témoigne contre les autres coaccusés.
Sur les ondes de RDI, Wilhelm Pellemans, représentant du recours collectif touchant 9200 investisseurs dans l'affaire Norbourg, a affirmé que malgré le plaidoyer de culpabilité de Vincent Lacroix, d'autres intervenants, qui ont une responsabilité dans ce dossier, devront expliquer pourquoi ils n'ont pas réagi pendant si longtemps. M. Pellemans faisait alors allusion aux compagnies de comptabilité, aux gardiens de fonds et à l'Autorité des marchés financiers.
Un autre investisseur floué dans l'affaire Norbourg, Jean-Guy Houle, a indiqué à RDI que le fait que Vincent Lacroix reconnaisse sa culpabilité était une mauvaise nouvelle: « Si Vincent Lacroix s'était fait poser des questions, on aurait pu avoir de l'information et savoir où est passé l'argent. On ne peut pas dépenser autant d'argent en si peu de temps », a affirmé M. Houle.
On estime à 100 millions de dollars les fonds détournés dans cette affaire.