Les employés du CHUM et du CUSM disent non

CHUM Le pavillon Saint-Luc du CHUM (archives)

Les employés membres de syndicats affiliés à la CDS reviennent à la charge contre les partenariats public-privé (PPP).

Les représentants syndicaux des employés du CHUM et du CUSM, les deux hôpitaux universitaires montréalais, reviennent à la charge contre l'opacité qui entoure les PPP.

Mercredi, les employés des deux hôpitaux universitaires montréalais ont manifesté leur désaccord sur les terrains du Centre hospitalier universitaire de l'Université de Montréal (CHUM).

La CSN n'avait pas choisi cette journée par hasard. La centrale syndicale affirme que l'administration du CHUM présentait, ce jour-là, à l'interne, des projets techniques provenant des deux consortiums qui convoitent des contrats, dans la foulée des PPP.

Les employés des deux hôpitaux universitaires montréalais réitèrent leur préférence pour un hôpital construit de manière traditionnelle, autrement dit, par le secteur public.

« Un hôpital public »

Les syndiqués dénoncent « l'opacité » des projets menés dans le cadre de partenariats publics et privés. Les représentants des syndiqués affirment que la population est maintenue dans l'ignorance, parce que la plupart des contrats ne sont pas publics.

Olga Giancristofaro, présidente du Syndicat des employés du CUSM, cite en exemple les contrats liés aux travaux sur le site Glen, du Centre universitaire de santé McGill (CUSM). Elle affirme que seuls 30 % des contrats présentés pour ce site sont rendus publics. « Le reste est tout fait en cachette », dénonce-t-elle.

L'investissement prévu pour le site Glen est de 1,35 milliard de dollars. Le dépôt complet des propositions des consortiums est prévu en novembre prochain. Le campus du site Glen regroupera les installations pour les patients adultes, l'hôpital de Montréal pour enfants et l'Institut de recherche du CUSM.

La formule des PPP prévoit que le consortium qui décroche les contrats de construction s'occupe également de l'entretien des bâtiments pour les trente années à venir.

« À la fin des 30 ans, avec les contrats PPP, c'est le public qui va payer toute la dette des consortiums, selon Olga Giancristofaro. Eux vont partir et nous, nous aurons un hôpital mal géré. » — Olga Giancristofaro, présidente du Syndicat des employés du CUSM

Les syndicats craignent de plus que les PPP entraînent des pertes d'emplois. Pierre Daoust, président du Syndicat des employés du CHUM-CSN, appréhende que plus de 150 personnes perdent leur emploi au CHUM et 400 au CUSM.

De son côté, la présidente de la Fédération de la santé et des services sociaux de la CSN, Francine Lévesque, affirme que la « bataille » contre la privatisation sera au coeur des prochaines négociations du secteur public. Ces négociations débutent cet automne.

Rappelons que le 23 juin dernier, le premier ministre Jean Charest avait réitéré son appui aux PPP. Mais, du même souffle, le premier ministre du Québec avait expliqué que ces partenariats n'étaient plus envisagés de la même manière, compte tenu de la conjoncture économique.

Le premier ministre Charest avait expliqué que l'évolution de la situation économique rendait désormais l'accès au financement plus difficile, pour le secteur privé.