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Montréal Dons et commandites

Hydro-Québec devra revoir sa politique

Mise à jour le vendredi 14 août 2009 à 9 h 30

Un drapeau d'Hydro-Québec

Le gouvernement Charest demande à Hydro-Québec de revoir sa politique de dons et de commandites en matière d'éducation.

Cette décision du gouvernement fait suite au tollé soulevé par le don de 250 000 $ que devait faire la société d'État au Collège Notre-Dame, à Montréal.

« Hydro-Québec doit orienter ses priorités envers les services publics, un principe qui prend toute son importance dans le contexte où il s'agit d'une société d'Etat », dit la vice-première ministre du Québec, Nathalie Normandeau, dans un communiqué.

Plus tôt, le Collège Notre-Dame avait annoncé qu'il renonçait au don de 250 000 $ qu'Hydro-Québec comptait lui verser sur cinq ans pour l'amélioration de ses installations sportives. Dans un bref communiqué, la Collège dit qu'il « regrette cette situation », sans donner plus de détails.

Ce don, révélé par La Presse jeudi, a soulevé bien des questions et des critiques, car le PDG d'Hydro-Québec, Thierry Vandal, a des liens avec cet établissement d'enseignement secondaire. Il en est en fait le président du C. A. et y a été élève.

Tollé dans l'enseignement public

Le président de la fédération autonome de l'enseignement, Pierre Saint-Germain, s'était pour sa part dit « scandalisé » de cette nouvelle, soulignant que les fonds distribués par la société d'État sont publics et qu'il est inacceptable qu'ils soient destinés à un établissement privé, alors même qu'Hydro-Québec annonce une hausse de ses tarifs d'électricité pour tous les Québécois, « y compris les plus pauvres ».

Collège Notre-Dame

Photo: Collegenotre-dame.qc.ca

Collège Notre-Dame

Même son de cloche du côté de la Fédération des commissions scolaires du Québec. La présidente de la fédération, Josée Bouchard, jugeait « inacceptable » le don de la société d'État au collège privé.

Elle déclarait: « Le Québec est déjà l'une des provinces les plus généreuses envers les écoles privées, alors je ne comprends pas qu'on éprouve le besoin d'en rajouter encore ».

En entrevue à Radio-Canada.ca, l'attaché de presse de la ministre de l'Éducation, Jean-Pascal Bernier, indiquait que le « ministère n'était pas informé de cet investissement additionnel ».

Rappelons en effet que le gouvernement du Québec a lui-même versé une contribution de 800 000 $ à l'établissement en 2007 à des fins d'amélioration des installations sportives.

Et vives réactions politiques

Le porte-parole de l'opposition officielle en matière d'enseignement primaire et secondaire, Pierre Curzi, a déclaré qu'il était « inadmissible » et « honteux » qu'une société d'État donne de l'argent à une école privée.

Le député de Jonquière et porte-parole de l'opposition officielle en matière d'énergie, Sylvain Gaudreault, considère quant à lui que « le président d'Hydro-Québec semble avoir fait passer ses intérêts personnels avant les intérêts collectifs des Québécoises et Québécois ». Il appelle le gouvernement québécois et la ministre Nathalie Normandeau à « rappeler à l'ordre » le président d'Hydro-Québec.

Les arguments de la société d'État

Jeudi matin, le porte-parole d'Hydro-Québec, François Taschereau, se défendait pourtant de tout conflit d'intérêts de son PDG. Dans un courriel à La Presse, il indiquait que celui-ci n'a pas participé « financièrement personnellement » à la contribution au collège.

M. Taschereau invoquait la proximité du C. N.-D. au quartier Côte-des-Neiges, quartier défavorisé de la métropole.

Hydro-Québec a cependant refusé de commenter les événements tout au long de la journée.

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