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Montréal Fusillade du collège Dawson

Graves séquelles psychologiques

Mise à jour le lundi 29 juin 2009 à 10 h 23

Des élèves se recueillant après la tragédie de Dawson

Photo: La Presse Canadienne /Ryan Remiorz

Après la fusillade survenue en septembre 2006 au collège Dawson, 40 % des étudiants et des employés ont souffert de problèmes de santé mentale. C'est ce que révèle une étude du Centre de recherche Fernand-Seguin de l'Hôpital Louis-H. Lafontaine et du Centre universitaire de santé McGill visant à évaluer les conséquences psychologiques de la tragédie.

Les personnes présentes au collège lors du drame semblent avoir été particulièrement touchées. Selon l'étude, 12 % des personnes qui ont vu ou entendu ce qui s'est passé ont souffert d'une dépression majeure au cours des 18 mois suivant le drame, soit près du double du taux observé dans la population en général. Plus de la moitié d'entre eux disent avoir eu des pensées suicidaires, et plus de 7 % ont présenté des symptômes sévères d'état de stress post-traumatique.

L'étude révèle également que les symptômes sévères ont perduré un an et demi après les évènements chez 7 % des personnes interrogées.

Tirer des leçons

Les auteurs de l'étude font un bilan positif de l'aide psychologique déployée après les événements. Au total, 130 personnes, dont des psychologues, des infirmières et des travailleurs sociaux, ont été dépêchées au Collège Dawson le lundi suivant le drame.

Plus de 80 % des répondants ayant reçu des services s'en sont déclarés satisfaits. « Les services qui ont été offerts immédiatement après les événements ont été fort appréciés et ont probablement été très utiles pour aider un très bon nombre de personnes », a déclaré le Dr Stéphane Guay, directeur du Centre d'étude sur le trauma affilié au Centre de recherche Fernand-Seguin.

Les chercheurs recommandent toutefois que les mesures d'aide se poursuivent au-delà des premières semaines afin de mieux soutenir les personnes victimes de traumatismes importants. Ils ont aussi observé que certains groupes ont été négligés, comme le personnel de la cafétéria, qui n'était pas employé du collège, ou encore le personnel de soutien de l'institution. Certains professeurs se sont également sentis démunis et mal outillés pour aider les étudiants lors du retour en classe.

Il est nécessaire de tirer des apprentissages de nos expériences afin de mieux venir en aide à ceux touchés par ce type de tragédie.

— Dr Warren Steiner, chef du Département de psychiatrie du Centre universitaire de santé McGill

En outre, les chercheurs ont constaté que ceux qui se sont le mieux sortis de la situation sont ceux qui ont choisi d'aller chercher de l'aide psychologique. Seul le quart des 40 % des personnes ayant déclaré avoir souffert de problèmes de santé mentale ont choisi de consulter.

Pour mener leur étude, les chercheurs de l'université montréalaise ont distribué, en 2008, quelque 1000 questionnaires à des étudiants et des employés du collège. L'étude avait également un volet qualitatif, pour lequel des personnes ont été rencontrées de façon individuelle ou en petits groupes.

L'équipe de McGill présentera mardi les résultats de son étude, une première en la matière, au 31e Congrès international de droit et de santé mentale à New York.

Rappel des événements

Le 13 septembre 2006, Kimveer Gill faisait irruption au collège Dawson, à Montréal. Armé, le jeune homme de 25 ans a ouvert le feu dans le collège, faisant une victime, Anastasia De Sousa, et 20 blessés. Après avoir été blessé par le tir d'un policier, le tireur s'est donné la mort en retournant son arme contre lui.

En profondeur
Fusillade au collège Dawson

Le fil des événements, les photos, le profil du tireur et les questionnements liés à la tragédie.

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Dawson revisité : une étude inédite sur les impacts psychologiques

Le communiqué du Centre de recherche Fernand-Seguin

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