La Commission scolaire de Montréal (CSDM) ne se vante pas du faible taux de diplomation de ses étudiants.
Les élèves montréalais réussissent moins bien que les autres, et la Commission scolaire de Montréal montre du doigt des causes: la pauvreté, l'éclatement des familles et les difficultés linguistiques des immigrants.
De 2002 à 2007, au secondaire, 40 % des élèves obtenaient leur diplôme dans l'ensemble du réseau.
C'est avec ces données que la CSDM a réuni 400 intervenants en colloque mardi. Ils ont fait le point sur les raisons qui expliquent ces faibles taux.
Le portrait des 90 000 élèves qui fréquentent les écoles montréalaises a beaucoup évolué au cours des dernières années. La pauvreté et l'immigration prennent de plus en plus de place.
« Je dirais que l'apprentissage de la langue constitue un défi majeur pour nos élèves, 50 % des élèves n'ont pas le français comme langue maternelle. On parle aussi de concentration de défavorisation à Montréal », a expliqué la directrice générale adjointe à la CSDM, Lucie Lalande.
Défavorisation et pauvreté sont les synonymes d'une réalité qui prend de l'ampleur, particulièrement dans des quartiers comme Côte-des-Neiges, Hochelaga-Maisonneuve et Pointe St-Charles.
Dans ces quartiers de l'est et du sud-ouest de la ville, Lucie Lalande souligne que plus de 50 % des familles sont monoparentales et 59 % vivent sous le seuil de pauvreté.
« Cela a des conséquences sur les budgets des écoles qui doivent dépenser plus d'argent en soutien alimentaire », dit-elle. Cela représente des dépenses de 7 millions de dollars par année.
En tenant compte de ces données Julie Belhumeur, coordonnatrice au bureau des relations avec la communauté à la CSDM, estime qu'il faut faire autrement et compter davantage sur la participation de la communauté. « Nos élèves vivent à l'école, mais ils vivent partout, il faut partager ensemble des pratiques jugées gagnantes. »
Elle en veut pour preuve des expériences comme le projet d'École des parents, pour le soutien et l'accompagnement des familles et le jumelage interculturel.
Le directeur de la CSDM, Gilles Petitclerc, a conclu l'exercice en affirmant que des ajustements devaient être apportés au système.