Fredy Villanueva
L'enquête du coroner sur la mort du jeune homme, à Montréal-Nord en août dernier, s'ouvre lundi, en dépit du refus de plusieurs intervenants d'y participer.
L'enquête du coroner Robert Sansfaçon sur la mort de Fredy Villanueva s'amorce lundi, à Montréal. Le jeune homme de 18 ans a été abattu l'été dernier lors d'une altercation avec des policiers.
Toutefois, l'exercice, qui devait à l'origine calmer les esprits à Montréal-Nord, va se tenir dans la controverse. La plupart des intervenants ont décidé de boycotter les audiences.
La mère de Fredy Villanueva, sous le coup d'une assignation à comparaître, a présenté un billet de médecin au juge pour être exemptée de témoigner.
Retraits après retraits
Vendredi, un regroupement qui s'identifie comme la Coalition contre la répression et les abus policiers a également annoncé son refus de participer à l'enquête. L'organisme reproche au Bureau du coroner d'avoir mis trop de temps à accepter sa demande de la reconnaître en tant que personne intéressée. Il lui avait parvenir la demande en février et a reçu une réponse favorable le 4 mai dernier.
Ce retrait s'ajoute à ceux de la Ligue des Noirs du Québec, du Mouvement solidarité Montréal-Nord et de la Ligue des droits et libertés. Cette dernière demandait que le coroner obtienne un mandat élargi pour se pencher notamment sur le profilage racial et les méthodes policières utilisées pour combattre les gangs de rue. En plus des pratiques policières, la Ligue souhaitait que l'enquête s'interroge sur les actions gouvernementales visant à résoudre les problèmes socio-économiques vécus dans des quartiers comme Montréal-Nord.
Toutefois, comme le ministre de la Sécurité publique, Jacques Dupuis, a refusé d'élargir le mandat du coroner Sansfaçon, l'enquête sera limitée aux circonstances de la mort du jeune Villanueva. Le ministre a néanmoins réaffirmé, mercredi dernier, sa confiance en ce processus.
Le maire de Montréal, Gérald Tremblay, qui croyait en un dialogue ouvert pour rétablir les ponts entre les résidents de Montréal-Nord et les autorités, estime de son côté avoir tout fait ce qui était en son pouvoir. « Au niveau municipal, on ne continue pas le processus de la justice, c'est une décision du gouvernement du Québec. Mais en ce qui nous concerne, on maintient le dialogue avec nos partenaires », dit-il.
Rappelons que le coroner avait reporté le début de l'enquête, initialement prévu le 16 février, en invoquant le grand nombre de demandes du statut de personnes intéressées.