Claude Léger, directeur général de la Ville de Montréal
Un deuxième rapport rendu public mercredi par le vérificateur général de la Ville de Montréal, Michel Doyon, crée de nouveaux remous dans le monde politique municipal. Ce nouveau rapport, qui porte sur le rôle des fonctionnaires dans le projet du Faubourg Contrecoeur, révèle que le directeur général de la Ville de Montréal, Claude Léger, connaissait les risques financiers de la vente des terrains du Faubourg Contrecoeur.
Benoît Labonté demande au maire Gérald Tremblay de congédier le directeur général de la Ville de Montréal, Claude Léger, à la suite des nouvelles révélations dans le dossier du Faubourg Contrecoeur.
Le vérificateur y explique que Claude Léger a joué un rôle en mars 2007 dans le projet Contrecoeur en servant d'intermédiaire entre la SHDM et la direction des stratégies immobilières de la Ville. Selon Michel Doyon, les élus n'auraient pas été informés de la possibilité de coûts supplémentaires pour la Ville et de la réelle valeur marchande du site.
Le rapport indique que, malgré sa connaissance des risques de pertes financières pour la Ville dans la vente des terrains du Faubourg Contrecoeur, M. Léger a tout de même choisi d'aller de l'avant avec le projet. Le vérificateur rappelle que Joseph Farinacci, alors directeur de la Direction des stratégies et transactions immobilières à la Ville, et des hauts fonctionnaires avaient exprimé leur opposition à la vente, jugeant qu'elle n'était pas à l'avantage de la Ville. Claude Léger avait alors négocié l'affaire directement avec la SHDM.
Selon l'opposition officielle, le directeur général Claude Léger a fait fi de l'avis des fonctionnaires qui ont soulevé des doutes quant à ce contrat. « Nous avons trouvé le chaînon manquant, il y a un lien direct entre l'Hôtel de Ville et la SHDM dans le dossier, et le maire n'a d'autre choix que d'exiger le départ de son directeur général », a affirmé le chef de l'opposition officielle, Benoît Labonté. En conséquence, M. Labonté demande au maire de congédier son DG.
Le maire Gérald Tremblay refuse de se plier à la demande de l'opposition. Il réitère son entière confiance en Claude Léger.
Objection du SFMM
Le Syndicat des fonctionnaires municipaux de Montréal s'oppose au congédiement ou à la démission du directeur général Claude Léger.
Le plus important syndicat de la Ville estime que ce départ réclamé par l'opposition officielle serait précipité, compte tenu de l'enquête policière en cours sur la Société d'habitation et de développement de Montréal.
« Peu importe ce qu'on a entendu dans les médias dernièrement, tout cela relève de la responsabilité des élus municipaux: du maire, dans un premier lieu, et du comité exécutif » avance Monique Côté, présidente du syndicat des cols blancs de Montréal. Selon elle, le directeur général est coincé entre « l'administratif et les élus municipaux ».
Construction Frank Catania réagit
Mardi, le vérificateur général de la Ville publiait un premier rapport portant sur une vingtaine de transactions de la Société d'habitation et de développement de Montréal (SHDM). La Ville de Montréal et la SHDM ont suivi la recommandation du vérificateur général en demandant la tenue d'une enquête policière sur l'affaire.
L'ancien directeur général de la SHDM Martial Fillion, durement écorché par le vérificateur général, a été impossible à rejoindre par la télévision de Radio-Canada.
De son côté, la firme Construction Frank Catania nie avoir rompu des engagements contractuels, évoquant que le contrat avait été signé après la rédaction du rapport d'enquête. Paolo Catania attribue les dérapages constatés aux défauts de la fonction publique montréalaise. Rappelons que Construction Frank Catania a été éclaboussé dans le rapport de Samson, Bélair, Deloitte et Touche sur le projet Contrecoeur.