Des enfants hassidiques à la sortie de l'école.
Radio-Canada a appris que la communauté juive hassidique Satmar de Montréal, qui a défrayé la chronique avec l'histoire des fenêtres givrées du YMCA de l'avenue du Parc, scolarise ses garçons dans un réseau scolaire parallèle. Les élèves y reçoivent un enseignement exclusivement religieux en contravention de la Loi sur l'instruction publique.
Radio-Canada a appris que la communauté juive hassidique Satmar de Montréal scolarise ses garçons dans un réseau parallèle.
L'Académie Toras Moshe existe depuis 1952 et les autorités du ministère de l'Éducation sont au fait de ses activités.
Une des écoles où est dispensé cet enseignement se trouve au deuxième étage d'un atelier de plomberie, située dans un quartier industriel. La cour de récréation est partagée avec les plombiers.
Des élèves dans la cour d'une école parallèle où sont entreposés des tuyaux de plomberie.
Une voisine de l'école s'inquiète pour la sécurité des élèves. « Il y a peut-être une cinquantaine d'enfants qui jouent dans la cour d'école, supervisés des fois par un adulte. C'est plein de déchets partout, c'est pas agréable pour les enfants », dit-elle.
Pas de permis
Un responsable rencontré sur les lieux prétend qu'il détient un permis du ministère de l'Éducation. Or, il n'en est rien. L'école ne possède pas non plus de certificat d'occupation délivré par la Ville de Montréal.
Ce sont des élèves de la communauté Satmar qui occupent cette école. Les Satmars viennent de Hongrie. Parmi la douzaine de groupes hassidiques installés au Québec, cette communauté est considérée comme la plus stricte. Elle est aussi la dernière à refuser de se conformer aux normes du ministère de l'Éducation.
« Dans le judaïsme traditionnel, les hommes ont une responsabilité particulière d'étudier la Torah et d'en faire un savoir profond, ça signifie beaucoup de temps à étudier la bible et à maîtriser les commentaires du Talmud », explique l'anthropologue Pierre Anctil.
Québec sait, mais...
Cela laisse donc peu de temps à consacrer aux matières séculières que les jeunes de la communauté Satmar devraient étudier si leur situation était régularisée. Ce qui n'est pas prêt d'arriver, selon le dernier rapport annuel de la Commission consultative de l'enseignement privé.
« La commission n'a pas noté, à l'analyse de l'ensemble du dossier, une volonté des requérants de tendre vers un arrimage avec le cadre scolaire québécois », lit-on dans le document.
La communauté Satmar possède un second campus, aussi sans permis, ouvert depuis 1955 sur la rue Saint-Urbain, à Montréal. Le ministère de l'Éducation a refusé de répondre aux questions de la télévision de Radio-Canada au sujet de ses négociations avec les Stamars.
D'après un reportage d'Émilie Dubreuil