![]() Montréal Affaire Nathalie Morin Le gouvernement mis en demeureMise à jour le mardi 14 avril 2009 à 15 h 29 La mère d'une Québécoise de 24 ans, qui serait retenue contre son gré en Arabie saoudite, a déposé une mise en demeure contre le gouvernement canadien. Johanne Durocher, mère de Nathalie Morin, entend poursuivre le gouvernement canadien pour son inaction dans le dossier du rapatriement de sa fille. Mme Durocher, par l'entremise de son avocat Julius Grey, reproche au gouvernement du Canada de ne pas avoir « fait ce qu'il aurait pu et dû faire pour permettre à sa fille d'exercer son droit de retour avec ses enfants ». Elle reproche également au gouvernement de ne pas prendre la situation de sa fille au sérieux. Mme Durocher a reçu l'appui de trois députés fédéraux dans sa démarche:
La condition de Nathalie et de ses enfants se dégrade de jour en jour, comme en fait foi l'enregistrement sonore rendu public aujourd'hui. Nous sommes vraiment très inquiets pour leur santé et leur sécurité. — Francine Lalonde Mme Lalonde déplore l'attitude du ministère des Affaires étrangères dans le dossier. Le ministère répète son obligation de respecter les lois saoudiennes en Arabie saoudite. « Mais quand le respect de ces lois met en danger la santé et la sécurité de citoyens canadiens, c'est la Charte canadienne des droits et libertés que les gens de l'ambassade doivent chercher à appliquer », avance Mme Lalonde. Quand je prends la défense de mes enfants, c'est moi qui vais me faire fouetter et c'est moi qui vais me faire... J'ai peur... j'ai peur... Il est capable de nous tuer. Il est capable de me tuer, en tout cas, je ne sais pas pour ses enfants, mais je sais qu'il est capable de me tuer. — Nathalie Morin Quant au député néo-démocrate Thomas Mulcair, il reproche au gouvernement canadien son double discours en matière du droit des femmes. Alors qu'il utilise cette question pour justifier la guerre en Afghanistan, le gouvernement canadien invoque la souveraineté de l'Arabie saoudite pour éviter d'intervenir dans le dossier de Mme Morin, estime M. Mulcair. Force nous est de constater, qu'il s'agit de l'Arabie saoudite - un pays riche, prospère, allié - on met des gants blancs pour offusquer personne, alors que c'est clair que Nathalie est victime et prisonnière, non seulement de son mari, mais aussi d'un système, en Arabie saoudite, qui nie aux femmes leurs droits. — Thomas Mulcair L'inaction du gouvernement contribue à la détérioration de la situation de Nathalie Morin, selon Mme Lalonde. La députée de La Pointe-de-l'Île avance que Mme Morin n'avait qu'un enfant, né au Québec, lorsque Mme Durocher a alerté l'ambassade canadienne pour la première fois. Mme Morin était enceinte à ce moment et elle a accouché d'un deuxième enfant en Arabie saoudite. Elle a donné naissance à un troisième enfant en novembre 2008, un deuxième né en sol saoudien, à la suite d'une relation sexuelle forcée, selon Mme Lalonde. Quand cela va-t-il s'arrêter? Si l'ambassade avait collaboré dès le début, aucun de ses enfants ne serait né en sol saoudien. — Francine Lalonde La situation de Mme Morin Nathalie Morin, 24 ans, vit à Riyad avec Saeed Al-Sharhani, qui la retiendrait chez lui et qui la battrait, selon sa mère. Selon cette dernière, sa fille est toujours enfermée dans le domicile familial et elle n'aurait pas de clé pour en sortir. Elle n'aurait pas non plus de téléphone, pas d'amis ni de vie sociale. Nathalie Morin a rencontré ce Saoudien à Montréal en 2002 alors qu'elle avait 17 ans. Elle est tombée enceinte quelques mois plus tard mais, entre-temps, le jeune homme a dû rentrer en Arabie saoudite sous le coup d'une menace de déportation. Mme Morin s'est rendue le visiter à plusieurs reprises entre 2002 et 2005 mais, lors de son dernier séjour, son conjoint lui a appris qu'elle ne quitterait pas le pays sans lui. J'ai comme honte de mon gouvernement. [...] On permet ici, le gouvernement canadien, que quatre Canadiens soient [retenus] en otage, maltraités, torturés. — Johanne Durocher Joint par la journaliste d'Enquête, Madeleine Roy, le conjoint de Nathalie Morin nie tout catégoriquement. Il soutient que tout le monde est bien traité et que personne n'est séquestré. Il promet même une surprise sous peu. Console Audio-vidéo
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