Des infirmières au bout du rouleau

Hôpital Sacré-Coeur Hôpital Sacré-Coeur

Les infirmières du quart de travail de soir à l'urgence de l'Hôpital Sacré-Coeur, à Montréal, sont à bout de souffle.

Refus de se présenter au travail, pétition: les infirmières de l'urgence de l'Hôpital du Sacré-Coeur manifestent comme elles le peuvent leur ras-le-bol de leurs conditions de travail.

À un point tel que 12 d'entre elles, sur une équipe de 22, ont décidé de ne pas se présenter au travail, mercredi soir.

Les infirmières estiment qu'elles sont trop peu nombreuses et que la sécurité des patients est en danger.

Karine Bernard, infirmière à l'Urgence de l'Hôpital du Sacré-Coeur Karine Bernard, infirmière à l'Urgence de l'Hôpital du Sacré-Coeur

« Je ne peux pas pratiquer mon métier de façon sécuritaire, de façon sécuritaire pour moi, de façon sécuritaire pour mes patients. Ça fait des mois que ça perdure, ça fait des mois qu'on lance des cris d'alarme de nombreuses façons à notre employeur, et qu'on n'est pas entendues », déclare Karine Bernard.

« Il faut que ça cesse. On a l'impression de ne pas se faire écouter, c'est aberrant », ajoute sa collègue Sophie-Anne.

Pour signifier leur ras-le-bol, les infirmières de l'urgence ont fait circuler une pétition.

« Chaque jour, chacune de nous, sort de cette urgence la tête basse en remerciant là-haut de n'avoir tué personne jusqu'à maintenant », peut-on lire sur la pétition.

On insiste aussi sur le fait que 9 infirmières de soir et 16 infirmières de nuit ont quitté le service au cours de la dernière année.

Suzie Vézina, assistante infirmière-chef, confirme: « Je vous parle de filles qui sont parties à Québec, aux Îles-de-la-Madeleine, en Suisse, à Le Gardeur, à Pierre Boucher, et moi-même, je songe à quitter pour un hôpital en périphérie parce que je ne suis plus capable d'en prendre. »

« La marmite déborde, les infirmières n'en peuvent plus. Elles ne sentent pas que les employeurs sont conscients de l'ampleur du problème », ajoute Francine Lévesque, présidente de la Fédération de la santé et des services sociaux (CSN).

De son côté, la direction de l'Hôpital du Sacré-Coeur dit qu'elle tente depuis des mois de trouver des solutions. On songe même à embaucher d'anciennes infirmières d'urgence à la retraite pour venir former les plus jeunes.

La CSN refuse le recours au privé

D'autre part, la CSN demande au ministre de la Santé, Yves Bolduc, de mettre un terme aux velléités de l'Hôpital Sacré-Coeur, qui souhaite transférer une grande partie de ses opérations chirurgicales d'un jour dans des cliniques privées.

L'Hôpital Sacré-Coeur L'Hôpital Sacré-Coeur

L'appel de propositions lancé par l'hôpital prenait fin jeudi midi. L'établissement tente de conclure une entente de cinq ans avec une clinique privée pour lui transférer ses chirurgies d'un jour.

La CSN rappelle que le ministre Bolduc a récemment rejeté deux projets de cliniques privées d'ophtalmologie; le premier au Centre hospitalier de l'Université de Montréal (CHUM) et l'autre au Centre hospitalier de Saint-Jérôme, dans les Laurentides.