Le boycott de la famille Villanueva

Patricia Villanueva Patricia Villanueva

L'enquête du coroner sur la mort du jeune Fredy Villanueva en août dernier s'amorce dans le tumulte. La famille Villanueva et certains témoins des événements n'entendent pas assister aux travaux de l'enquête du coroner sur la mort du jeune homme, enquête commandée par Québec.

Outrée par le rejet de leurs requêtes, la famille Villanueva n'assistera pas aux travaux de l'enquête du coroner sur la mort du jeune homme.

Lors d'une audience préliminaire à l'enquête tenue mercredi, la famille Villanueva et la Ligue des droits et libertés ont présenté des requêtes. La famille Villanueva réclamait que les honoraires des avocats de la famille et des témoins soient payés par le gouvernement. Une requête que le coroner n'a pu satisfaire, puisqu'elle outrepasse ses pouvoirs.

La famille Villanueva et la Ligue des droits et libertés ont également présenté une requête pour que le mandat de l'enquête du coroner soit élargi notamment à l'étude du profilage racial. Le coroner ad hoc Robert Sansfaçon a simplement répondu qu'il attendrait qu'il en soit question au cours de l'enquête pour voir s'il serait pertinent de demander un élargissement de son mandat.

La famille Villanueva est outrée que le coroner refuse de s'engager à demander l'élargissement du mandat de son enquête.

« Je ne pense pas que la justice existe au Québec. » — La soeur de Fredy, Patricia Villanueva

Une citation à comparaître (subpoena) est un document juridique forçant des personnes à se présenter en Cour. Les contrevenants s'exposent à l'incarcération. Le coroner Sansfaçon a d'ailleurs précisé que ceux qui ne respecteraient pas les citations qu'il enverra seront mis en prison.

« Aucune des familles ne sera là le 25 mai. Si elles sont là, c'est qu'elles auront reçu de subpoena. » — Alain Arsenault

L'enquête s'amorcera le 25 mai.

Le mandat de l'enquête

La position du ministère de la Sécurité publique n'a toutefois pas changé depuis le mois de décembre dernier. Le ministre Jacques Dupuis maintient qu'il est hors de question d'élargir les champs d'investigation de l'enquête. M. Dupuis précise qu'il s'agit d'une enquête du coroner et non d'une commission d'enquête.

La loi interdirait ainsi une extension du mandat du coroner tel qu'exigé par la Ligue de droits et libertés.

Rappel des faitsFredy Villanueva est mort le 9 août dernier, dans un parc de l'arrondissement Montréal-Nord, quand un policier a fait feu sur trois individus qui s'étaient rués sur son collègue. Selon le Service de police de la Ville de Montréal, les agents voulaient arrêter un individu recherché qu'ils venaient de repérer, mais avaient plutôt été encerclés par une vingtaine de jeunes.

La mort de Fredy Villanueva a provoqué de violentes émeutes dans l'arrondissement Montréal-Nord, dans la nuit du 10 au 11 août.Le directeur aux poursuites criminelles et pénales, Louis Dionne, a confirmé que le policier impliqué ne ferait l'objet d'aucune accusation, le 1er décembre dernier. La décision a été prise après une enquête de sept semaines menée par la Sûreté du Québec et une étude du dossier qui aura duré deux mois. Le ministre Dupuis a dès lors annoncé la tenue d'une enquête publique.

C'est le coroner ad hoc Robert Sansfaçon qui devra faire la lumière sur la mort de Fredy Villanueva. Les audiences se tiendront au Centre de services judiciaires Gouin, et tout ministère, organisme, association ou personne qui a un intérêt dans l'enquête peut demander au juge Sansfaçon d'obtenir le statut de personne intéressée.