Le maire sous pression

Gérald Tremblay

Les compteurs d'eau voulus par la Ville de Montréal ne sont pas encore installés, mais la controverse, elle, l'est.

Confronté à une controverse sur le contrat des compteurs d'eau, tant au niveau des coûts que de questions éthiques, Gérald Tremblay se tourne vers le vérificateur général.

Le maire de Montréal, Gérald Tremblay, a annoncé lundi qu'il demandera au vérificateur général de se pencher sur ce contrat de 356 millions confié en 2007 par la Ville au consortium GéniEau.

« Le bureau de projets [de la Ville de Montréal] et nos experts, le groupe BPR, font faire la lumière sur l'écart qui est censé avoir été identifié par un autre expert entre le contrat alloué de 350 millions et son évaluation à 200 millions », a déclaré le maire, en marge de l'annonce d'un investissement pour le renouvellement des conduites d'eau potable et d'eaux usées au Québec.

« Quand je serai en possession de toute cette information, j'ai l'intention de la remettre au vérificateur général pour qu'il fasse les vérifications nécessaires. Il a les pleins pouvoirs pour le faire. » — Gérald Tremblay

Et d'ajouter: « C'est notre responsabilité de le faire et nous allons le faire dans les plus brefs délais ».

Les services municipaux se défendent

Plus tard dans la journée de lundi, le service des Infrastuctures, du Transport et de l'Environnement, auquel est rattaché le bureau de projets, a affirmé que « le processus d'appel d'offres qui a mené à la sélection du consortium retenu pour installer les compteurs d'eau a été fait selon les règles de l'art ».

Les services municipaux soulignent qu'ils ont préparé une soumission témoin, avec l'aide de la firme BPR. Pour ce faire, ils ont installé 179 compteurs dans diverses entreprises. Au regard de cette expérience, la Ville note que « l'écart entre la soumission témoin et la proposition retenue est de 2 %. La soumission qui a été retenue reflète fidèlement les coûts du marché ».

Questions d'éthique

Rappelons que ce contrat soulève plusieurs questions d'éthique. L'ex-président du comité exécutif de la Ville, Frank Zampino, a confirmé avoir passé ses vacances sur le bateau de Tony Accurso, l'un des entrepreneurs du consortium GéniEau qui a remporté le contrat des compteurs d'eau.

Dans une lettre à l'intention du maire de Montréal, M. Zampino a expliqué connaître M. Accurso depuis plus de 25 ans et ne pas être intervenu pour lui faciliter l'accès aux marchés publics. Il écrit avoir assumé tous les frais de transport et de séjour pour son épouse.

Un autre point suscite la controverse: Frank Zampino travaille aujourd'hui en tant que vice-président de l'entreprise Dessau, une autre entreprise du consortium GéniEAU. Deux autres anciens membres de l'administration Tremblay occupent aujourd'hui des fonctions au sein d'entreprises liées à ce dossier, rapportait le quotidien La Presse lundi:

  • Robert Abdallah, ex-directeur général de la Ville, dirige l'entreprise Gastier, une filiale de Simard-Beaudry, depuis novembre 2008.
  • Yves Provost, responsable du dossier de l'eau à la Ville, a été embauché en décembre 2007 par la firme d'ingénieurs BPR, qui a rédigé l'appel d'offres du contrat des compteurs d'eau.

Moins cher à Toronto?

De plus, la Ville de Toronto a installé 72 000 compteurs pour 219 millions, tandis que Montréal compte en installer 33 000 avec un montant de 356 millions.

À ce sujet, la Ville se défend: « La portée des projets est difficilement comparable. Le projet de la Ville de Toronto vise uniquement l'installation de compteurs d'eau sur une période de 4 à 6 ans. Le projet de la Ville de Montréal a une durée de 25 ans et vise non seulement l'installation de compteurs, mais également la construction de chambres de vannes et l'entretien de l'ensemble des équipements pour la période du contrat ».

Le coût par compteur serait ainsi de 3,041 $ à Toronto et de 3,337 $ à Montréal, peut-on lire dans le communiqué.

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