![]() Montréal UQAM La grève reconduiteMise à jour le lundi 6 avril 2009 à 20 h 38
Les professeurs de l'Université du Québec à Montréal (UQAM), réunis en assemblée générale lundi, ont décidé de poursuivre leur grève amorcée le 9 mars dernier, il y a près d'un mois. Quelque 650 des 1000 professeurs assistaient à l'assemblée générale et ils ont voté, dans une proportion de 91 %, pour la poursuite de la grève. Ils entreront dans leur cinquième semaine de conflit de travail. Ceux-ci ont tenu 5 jours de grève disséminés au début de la session avant de déserter les salles de classe pour de bon au cours des trois dernières semaines. Les négociations avec la direction de l'établissement sont rompues depuis jeudi dernier. L'UQAM n'a pas déposé de nouvelles offres depuis le rejet, dans une proportion de 90 %, de sa dernière proposition. L'Université offrait une augmentation de salaire de 4 % à la signature et la création de 25 postes de professeurs dès le mois de juin. La convention collective des professeurs est échue depuis le 31 mai 2007, tandis que celle des maîtres de langue est échue depuis le 31 mai 2008. En l'absence de leurs professeurs, plusieurs étudiants sont privés de cours. La direction prolongera la session des étudiants pour pallier la perte d'heures de cours. Les salaires et l'embauche de nouveaux professeurs sont au coeur du conflit. Le syndicat des professeurs réclame l'embauche de 300 nouveaux professeurs au cours des 3 prochaines années et une augmentation de salaire de 11 %. Selon le porte-parole de l'Université, Daniel Hébert, la direction est dans l'impossibilité de bonifier sa dernière offre puisqu'elle est tenue de retrouver l'équilibre budgétaire en 2013. Mme Hébert soutient que l'Université terminera l'année 2008-2009 avec un déficit de 10 millions de dollars. Or, aquiescer aux demandes des professeurs équivaudrait à augmenter le déficit de 30 millions par année. Il faudrait donc obtenir un financement additionnel du gouvernement du Québec pour bonifier les offres. Les associations étudiantes réclament un nouveau financement de Québec pour leur institution. Elles appuient les revendications de leurs professeurs et ils tiennent des journées de grève pour les appuyer. Les associations étudiantes de plusieurs facultés ont voté ou sont sur le point de voter une grève. Quelque 30 000 étudiants, sur les 40 000 que compte l'Université, pressent Québec intervienne pour mettre un terme aux déboires financiers de l'institution. Les parents pauvres du réseau Une étude de la firme AON Conseil révèle que les salaires des professeurs de l'UQAM sont en moyenne inférieurs de 10 % à ceux de leurs collègues des autres universités. Les professeurs de l'UQAM gagnent, en moyenne, quelque 3 % à 5 % de moins que leurs homologues du réseau de l'Université du Québec. L'analyse précise que la charge de travail n'est pas moindre à l'UQAM. Les négociations pour la convention collective des professeurs se tiennent dans un contexte où l'établissement doit respecter son plan de redressement financier. Ce dernier, imposé par Québec, prévoit un retour à l'équilibre budgétaire en 2013-2014. La tâche s'annonce difficile pour l'Université, puisque ses dépenses augmentent plus rapidement que ses revenus. Québec a imposé cet échéancier pour l'équilibre budgétaire après avoir épongé la dette de 200 millions générée par l'institution dans son aventure immobilière. Console Audio-vidéo
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