La SQ visite la FTQ

Des policiers se dirigent vers les bureaux de la FTQ Des policiers se dirigent vers les bureaux de la FTQ

Des policiers de la Sûreté du Québec (SQ) ont perquisitionné les bureaux du Fonds de solidarité de la FTQ, mardi matin à Montréal, et en sont ressortis avec des documents.

Dans le cadre d'une enquête sur le blanchiment d'argent dans l'industrie de la construction, la SQ visite le siège social de la FTQ, à Montréal. Le président du syndicat affirme que le Fonds de solidarité n'est pas en cause.

La SQ laisse filtrer peu d'informations, mais confirme quand même que son enquête porte sur du blanchiment d'argent dans des compagnies de construction.

« La Sûreté nous a informé, dans un premier temps, qu'ils faisaient une enquête sur l'industrie de la construction où il y aurait eu du blanchiment d'argent au niveau de la TPS et de la TVQ », a déclaré le président de la FTQ et du conseil d'administration du Fonds de solidarité, Michel Arsenault.

Selon les informations obtenues par Radio-Canada, la police enquête aussi sur des allégations beaucoup plus graves. Des membres du crime organisé se seraient carrément infiltrés dans l'administration d'une entreprise de construction légitime, après que celle-ci eut fait des demandes de financement au Fonds de solidarité. Selon le Fonds, elle n'a finalement pas obtenu le financement.

Michel Arsenault Michel Arsenault, président de la FTQ

Michel Arseanault a défendu vivement l'institution en disant que l'organisation était honnête, et que l'enquête des policiers portait sur des entreprises du secteur de la construction qui ont fait des demandes de financement à la FTQ.

« On nous a également informés que le Fonds de solidarité n'est pas sous enquête et n'est pas ciblé par cette enquête non plus », a précisé M. Arsenault.

Présence de motards dans le milieu de la construction?

Selon ce que Radio-Canada a appris, l'enquête porte également sur la présence de motards dans le milieu de la construction, ce pour quoi la police a visité deux résidences en lien avec Normand Ouimet, un membre des Hells Angels du chapitre de Trois-Rivières.

Des policiers fouillent les poubelles

Une maison privée a été fouillée à Trois-Rivières et une autre à Repentigny où les policiers ont méticuleusement disséqué les sacs à ordures à la recherche d'indices et de preuves.

La SQ, appuyée par la police de Montréal, a passé de nombreuses heures dans le parc industriel de Montréal, chez les Grues Guay. L'entreprise est également dans la ligne de mire des policiers dans cette affaire présumée de blanchiment d'argent.

La direction de l'entreprise s'est toutefois dite « très étonnée » de la visite des policiers et a assuré les autorités de son entière collaboration. L'entreprise dit ne pas connaître les « motifs qui ont mené à cette perquisition ».

Le président de la FTQ assure aussi les autorités de sa collaboration et précise que le Fonds de solidarité sera complètement transparent avec la police. « C'est jamais plaisant de voir la police débarquer chez vous mais, en même temps, on n'a rien à cacher ».

Personne n'a été arrêté ni mis en accusation, mais à voir l'étendue des perquisitions menées par la police, il semble évident que le monde de la construction est plus que jamais scruté à la loupe. Surtout que la perquisition à la FTQ survient alors que le Fonds de solidarité et le syndicat sont éclaboussés par différentes affaires liées à des dépenses jugées excessives.

L'émission Enquête de Radio-Canada a fait la lumière sur certaines de ces dépenses, dont le voyage de Michel Arsenault sur un bateau luxueux de Tony Accurso, un entrepreneur en construction qui a bénéficié d'investissements du fonds de solidarité.

Une enquête policière se poursuit aussi sur une affaire de factures salées de l'ex-directeur général de la FTQ-Construction, Jocelyn Dupuis, qui a quitté ses fonctions l'an dernier.

Le Fonds de la solidarité de la FTQ a des actifs de 6,3 milliards et prête de l'argent à de nombreux entrepreneurs en construction. Le Fonds a investi quelque 1,5 milliard l'an passé au Québec.