![]() Montréal CHUM L'appel de propositions est lancéMise à jour le lundi 30 mars 2009 à 22 h 54
Entouré des ténors du Cabinet Charest, le ministre de la Santé et des Services sociaux du Québec, Yves Bolduc, a lancé lundi l'appel de propositions pour la construction du nouveau Centre hospitalier de l'Université de Montréal (CHUM). Le ministre Bolduc a ainsi donné le coup d'envoi de la course qui opposera les deux consortiums qui se sont qualifiés pour élaborer des plans pour le projet de construction du futur CHUM en partenariat public-privé, soit:
Les deux consortiums intéressés par la construction de l'hôpital universitaire en partenariat public-privé devront soumettre leurs propositions au plus tard en mars 2010. Cependant, l'un des deux consortiums qui s'étaient qualifiés pour postuler au projet éprouve des difficultés financières. Le Conseil des ministres a donné le feu vert, la semaine dernière, à ce projet qui pourrait atteindre 2 milliards de dollars. Le CHUM, qui devait initialement être livré en 2006, devrait finalement être terminé en 2018.
Le premier ministre Charest est venu prêter main-forte à son ministre des Finances en défendant le choix du mode de construction en partenariat public-privé (PPP). Jean Charest a insisté sur la pertinence du PPP en martelant que ce mode de construction assure un meilleur contrôle des coûts et du risque financier. Au sujet des difficultés des consortiums, M. Charest a affirmé que le gouvernement avait un « plan B ». Il n'a pas précisé si cela voulait dire garantir les emprunts des consortiums en formule PPP ou encore financer le projet avec des fonds publics. Tout en qualifiant la question d'hypothétique, il n'a toutefois pas exclu de revenir à une construction conventionnelle, c'est-à-dire entièrement financée par l'État. M. Charest a indiqué que le consortium choisi devait assumer les coûts d'entretien du bâtiment, moyennant le paiement d'un loyer, au cours des 30 premières années. La ministre des Finances et présidente du Conseil du Trésor, Monique Jérôme-Forget, de même que le ministre du Développement économique, de l'Innovation et de l'Exportation, Raymond Bachand, sont également venus épauler leur collègue Yves Bolduc dans le dévoilement de ce projet qui a souvent nagé dans la controverse. L'opposition est consternée La présence massive de ministres libéraux n'aura pas impressionné les partis d'opposition qui parlent d'une décision désastreuse, qui risque selon eux de causer de mauvaises surprises aux contribuables québécois. Le Parti québécois (PQ) a déploré qu'un projet aussi complexe et d'une telle ampleur soit mené en partenariat public-privé, persuadé qu'aucun consortium ne pourra le financer sans garantie financière du gouvernement. Le porte-parole de l'opposition officielle en matière d'administration publique, Sylvain Simard, soutient que les deux consortiums retenus n'ont pas les reins financiers assez solides pour mener à bien le projet en PPP. Si l'entrepreneur est incapable de mener à terme le projet, on craint que le gouvernement ne soit alors obligé d'assumer les risques, et les contribuables devront alors payer la facture. Le PQ et l'ADQ croient aussi que le choix de l'emplacement demeure une erreur. Le PQ s'en prend surtout au choix de l'hôpital Saint-Luc pour construire le nouvel hôpital, un choix qui n'a pas fait l'unanimité. Pour l'ADQ, le lieu choisi pour ériger l'hôpital aura aussi un impact sur les coûts. « On s'est empêtré dès le début dans un site difficilement accessible, qui pose toutes sortes de problèmes au niveau de la conception et de l'ingénierie, ce qui réduit le nombre de firmes capables de répondre aux appels de proposition », déclare le porte-parole adéquiste en matière de santé, Éric Caire. S'il n'est pas de prime abord opposé à la formule PPP, Éric Caire craint, comme le PQ, que le consortium choisi refile la facture au gouvernement. La Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec a aussi réclamé que le gouvernement revienne à un mode de construction conventionnel. « Dans la formule du PPP, c'est rigide, dès qu'on veut modifier quelque chose, c'est à coup de pénalité », a expliqué la présidente de la Fédération, Lina Bonamie. Pour ce qui est du choix du site, la Fédération des médecins spécialistes du Québec s'est finalement ralliée du bout des lèvres au choix de Saint-Luc. « Le meilleur site demeure Outremont. Mais de toutes les choses qu'on a gagnées, dans le CHUM actuel, ce sera la seule chose qu'on n'aura pas gagnée », a déclaré le président de la FMSQ, le Dr Gaétan Barrette. Un nouvel échéancier La construction de la première phase du CHUM s'amorcera en septembre 2010 pour être complétée en décembre 2013. Le ministre Bolduc soutient que cette première phase des travaux permettra de compter sur un hôpital « beaucoup plus gros que l'actuel hôpital Saint-Luc ». Ce complexe, épaulé par les cliniques externes du CHUM, permettra au gouvernement de lancer la deuxième phase des travaux qui consiste en la démolition de l'hôpital Saint-Luc. L'actuel pavillon Saint-Luc sera ensuite reconstruit et le CHUM sera complété en décembre 2018, selon l'échéancier établi par M. Bolduc. L'échéancier du CHUM
Les coûts du CHUM
Le maire Tremblay appuie le décret
L'appel de propositions lancé par M. Bolduc, à l'image de l'ensemble du projet, s'est fait avec du retard. Le ministre Bolduc avait en effet annoncé, en octobre dernier, que l'appel de propositions se ferait avant Noël 2008. Le processus aurait toutefois pu être davantage retardé si le maire de Montréal, Gérald Tremblay, avait tenu aux nouvelles consultations publiques envisagées en raison des modifications apportées au futur CHUM. Certaines de ces modifications contrevenaient à des règlements municipaux. Le maire Tremblay a toutefois abandonné l'idée de tenir ces nouvelles consultations publiques qui auraient duré plusieurs mois. La dernière modification avait pris 19 mois. Le maire a plutôt décidé de se rallier au gouvernement Charest en appuyant l'adoption d'un décret. Une chronologie du CHUM
audio-vidéo
Sébastien Bovet fait le point.
La controverse n'est pas terminée et Jean Charest admet même que le projet pourrait se réaliser sans PPP, rapporte Benoit Giasson.
PPP ou pas?: L'analyse de Michel C. Auger
L'avis du professeur de l'INRS, Pierre J. Hamel, au sujet de la possibilité que le CHUM se fasse sans le recours au privé.
Marie-Andrée Brassard rapporte que les partis d'opposition critiquent les choix du gouvernement Charest dans le dossier.
Le ministre de la Santé, Yves Bolduc, répond aux questions de Patrice Roy sur la saga du CHUM.
Entrevue avec le Dr Gaétan Barrette, président de la Fédération des médecins spécialistes du Québec.
Appel d'offres pour le CHUM: Karine Bastien a recueilli les réactions des employés de l'hôpital.
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