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PC/Graham Hughes
La manifestation annuelle dans le cadre de la 13e Journée internationale contre la brutalité policière qui s'est déroulée dimanche après-midi à Montréal, s'est soldée par 221 arrestations, selon la police.
Au moins une trentaine de personnes, sur les 200 qui ont été arrêtées dimanche après-midi, à Montréal, lors d'une manifestation houleuse contre la brutalité policière, font face à des accusations criminelles.
Plusieurs heurts avec les policiers ont éclaté pendant la manifestation, notamment sur l'avenue du Mont-Royal, ainsi que dans les rues du centre-ville.
Parmi les personnes arrêtées, 32 devront répondre à des accusations de nature criminelle. Au moins 17 de ces personnes passeront lundi devant la Cour municipale de Montréal pour répondre à un éventail d'accusations, dont vols, méfaits, agressions armées, voies de fait sur des policiers et possession d'armes dans un dessein dangereux.
Les policiers ont par ailleurs saisi, lors de ces arrestations, plusieurs objets contondants, notamment des bâtons de baseball, des masses et divers projectiles. Deux policiers ont été blessés. L'un d'entre eux a été atteint au bras par une brique.
Les 189 autres personnes arrêtées par les policiers recevront quant à elles une amende de 100 $, plus 44 $ de frais pour avoir enfreint des règlements municipaux.
Plusieurs actes de vandalisme ont aussi été signalés, notamment des vitrines de commerce brisées, des voitures endommagées et divers dégâts infligés aux biens publics. Des incendies mineurs ont aussi été allumés.
La Ville veut rectifier le tir
Au lendemain de ces rixes, le maire de Montréal, Gérald Tremblay, s'est engagé à mieux encadrer cette manifestation annuelle à l'avenir. Il souhaite entre autres faire déterminer et respecter un trajet pour les manifestants, afin de mieux suivre leur progression et d'éviter les poursuites dans les rues.
Le maire ajoute toutefois qu'il n'est pas question d'interdire la manifestation, le droit de manifester et la liberté d'expression devant être respectés, selon lui.
Mais il estime inacceptable que certaines personnes se servent de cette occasion pour se livrer à du vandalisme. Selon lui, les casseurs ont gâché ce qui aurait pu être une occasion de discuter dans un climat plus serein du travail des forces de l'ordre.
Même son de cloche du côté de Claude Dauphin, responsable de la sécurité publique à la Ville de Montréal, qui estime que les policiers ont fait « un excellent travail » dans le contexte. Il croit nécessaire de renforcer les exigences de la mairie en matière de permis de manifestations, surtout pour connaître l'itinéraire souhaité par les organisateurs.
« Nous avons deux droits fondamentaux devant nous: celui de pouvoir manifester, la liberté d'expression qui est confirmée dans les chartes. Un autre droit fondamental: les Montréalais et Montréalaises doivent avoir un espace sécuritaire à Montréal », a-t-il déclaré en entrevue à RDI.
Quant au projet de règlement pour interdire le port de cagoules, M. Dauphin note qu'il pourrait revenir sur la table à l'hôtel de ville, après avoir été examiné par la commission de la sécurité publique municipale.
« Un dialogue de sourds »
De son côté, le président de la Fraternité des policiers et policières de Montréal, Yves Francoeur, a émis plusieurs critiques à l'intention des manifestants.
Alors que cette manifestation en était à sa treizième année, M. Francoeur s'est aussi défendu d'être inactif le reste du temps. Il affirme que ses services se sont engagés dans un travail de médiation avec les groupes critiques du travail des forces de l'ordre.
Mais, selon lui, il s'agit d'un « dialogue de sourds ». « Vous irez faire un tour sur leur site Internet. Ils nous comparent avec la torture policière au Honduras », lâche-t-il. Et d'ajouter: « Ces gens ne font pas la part des choses. »
Un rendez-vous annuel
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Luc Lavigne
Selon ses organisateurs, la manifestation vise à dénoncer l'impunité dont jouissent les policiers. Elle donne souvent lieu à des affrontements entre les forces de l'ordre et une partie des manifestants. Chacun des groupes accuse généralement l'autre d'avoir mis le feu aux poudres.
Selon Francis Dupuis-Déri, professeur en science politique à l'Université du Québec à Montréal, le grabuge peut difficilement être évité dans ce genre de rassemblement, car les manifestants sont encadrés par ceux-là mêmes qu'ils dénoncent.
Cette année, l'atmosphère était particulièrement tendue, en raison des événements qui ont entouré la mort du jeune Fredy Villanueva, dans un parc de Montréal-Nord, en août dernier. Les organisateurs soutenaient que l'affaire avait exacerbé la colère des manifestants, qui accusent notamment les policiers de faire du profilage social et racial, en ciblant certains groupes culturels ou des individus marginaux. Les organisateurs disaient ne pas encourager la violence, mais comprennent en même temps la colère des manifestants.
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